jeudi 28 mai 2020
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Covid-19: Finactu estime que l’Afrique devra inventer son propre modèle (rapport)

Covid-19: Finactu estime que l’Afrique devra inventer son propre modèle (rapport)

Dans un rapport intitulé «Coronavirus et l’Afrique, crise sanitaire et crise économique aggravées par la faiblesse des filets de sécurité africains», le cabinet FINACTU dresse un état des lieux précis du continent africain marqué notamment par une capacité sanitaire limitée et l’absence de filet de sécurité. L’Afrique, avec 1,3 milliard d’habitants, compte à peine 7000 lits et 1 médecin pour 5 000 personnes. De l’autre côté, les filets de sécurité son pratiquement inexistants. Mises l’une dans l’autre, ces deux réalités, sanitaire et économique, placent le continent dans une sorte de dilemme: opter pour la crise sanitaire ou la crise économique ? La peste ou le choléra ?

Entre la peste et le choléra

Autrement, dit, résume Denis CHEMILLIER-GENDREAU, Président Fondateur de FINACTU, répondant aux questions de Financial Afrik, “le non confinement qui risque de voir la maigre capacité sanitaire des pays dépassée ou le confinement généralisé avec un risque réel de chômage massifs et d’émeutes”. Un dilemme qui pousse Guillaume GILKES, Directeur de la Recherche, co-auteur du rapport, à espérer que l’Afrique, dernière partie du monde à être touchée, puisse bénéficier de l’expérience de la Chine et de l’Europe et, en même temps, des tests plus rapides. “La première certitude est que le Covid-19 est et reste une maladie bénigne pour plus de 81 personnes sur 100 qui contractent le virus. La seconde certitude est que la disponibilité de cette assistance respiratoire est cruciale pour contenir la létalité de la maladie : pour faire simple, cette létalité sera de 1% dans les pays qui arriveront à prendre en charge en réanimation les 19% de malades qui en ont besoin, et pourra atteindre 19% dans les pays n’offrant pas de capacité en réanimation”.

L’étude à laquelle a participé Pr Mireille DOSSO, directrice générale de l’institut Pasteur d’Abidjan, estime que la faiblesse des capacités d’accueil en réanimation et en assistance respiratoire fait que la saturation du système africain de santé interviendra très vite. “Il est donc vital pour nos pays, soulignent les auteurs, que les autorités réagissent très vite, en avance sur le décompte des contaminations, pour ne pas se trouver, comme le sont l’Italie et certaines régions de France, dépassées par les événements”.

Si le confinement est une solution permettant de freiner la propagation du virus, il va sans dire que plus de 80% d’africains ne disposent pas d’une protection sociale, ni d’une couverture maladie, encore moins d’une couverture chômage. “combien de temps les populations et les entreprises de nos pays tiendront-elles dans un confinement drastique ?”, s’interroge à juste titre le rapport.

L’Afrique devra inventer son propre modèle

Les derniers chiffres – abondamment détaillés dans le rapport – semblent en tout cas confirmer que l’Afrique maîtrise la situation dans la plupart des pays et s’oriente vers une réaction à l’européenne, avec, à quelques variantes près, une approche du confinement. D’ores et déjà se profilent des approches légèrement différentes. Par exemple, la Côte d’Ivoire et le Sénégal choisissent d’éviter la crise sanitaire. Mais il est probable – hélas ! – que ce choix soit remis en cause rapidement, quand son coût économique se manifestera.

Sur le plan sanitaire, faut-il se limiter à un confinement radical mais limité aux personnes les plus fragiles (personnes âgées) ? Faut-il concentrer tous ses moyens sur la généralisation des tests (Corée du sud, Allemagne), avec une mise en quarantaine radicale des personnes positives ? Sur le plan économique, faut-il cibler les moyens financiers de l’État sur le soutien de la demande, quitte à cibler sur les ménages les plus faibles (« cash transferts ») ? Faut-il au contraire soutenir l’offre ?

L’avenir dira où cet équilibre entre la peste de la crise sanitaire et le choléra de la crise économique se terminera pour le continent. dans tous les cas, souligne le rapport Finactu, “l’Afrique va devoir inventer son propre modèle de lutte contre le Covid-19”.

Lire l’étude complète de Finactu

financialafrik

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