mardi 24 novembre 2020
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Covid : la grande peur des entreprises face au nouveau tour de vis sanitaire

Covid : la grande peur des entreprises face au nouveau tour de vis sanitaire

Les entreprises, pour beaucoup déjà fragilisées par le confinement du printemps dernier, craignent les futures mesures destinées à contenir l’épidémie et leurs conséquences économiques. L’impact sera moindre qu’en mars-avril, mais l’affaiblissement d’une partie du tissu productif du pays paraît inévitable.

Et revoilà le gouvernement pris entre les médecins et les chefs d’entreprise entre la sécurité sanitaire et la survie économique. Et puisqu’en politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal, selon Machiavel, les chefs d’entreprise s’inquiètent légitimement des conséquences des décisions qui seront prises dans les prochaines heures.

« Nous sommes bien conscients de la nécessité de prendre des mesures pour lutter contre la pandémie, mais nous demandons que le gouvernement maintienne le plus possible l’activité des entreprises », explique Laurent Menurot, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P). « Plus on ferme longtemps les entreprises, plus ce sera difficile pour elles de rouvrir, tant sur le plan économique que de la motivation », fait valoir le porte-parole des artisans et petits commerçants qui craint que « certains entrepreneurs ne baissent les bras dans les prochains mois devant tant de difficultés ».

« Un confinement intelligent, ce serait de laisser travailler ceux chez qui le risque sanitaire est faible », renchérit son homologue à la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin qui met en avant le fait que « dans les entreprises, le protocole sanitaire est globalement respecté ». Sous-entendu, nous sommes des bons élèves, ne nous tapez pas sur les doigts. Car le risque, c’est une hausse des faillites et donc du chômage. Et que le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron en mars dernier ne pourra tenir indéfiniment.

Le spectre de l’effondrement

Lundi, Geoffroy Roux de Bézieux, le numéro un du Medef, avait mis en avant « le risque d’effondrement de l’économie » en cas d’un reconfinement comme au printemps. Il est encore trop tôt pour dire quelles seront précisément les conséquences économiques des mesures à venir mais déjà, depuis quelques semaines, l’activité économique ne progresse plus. Pire, selon l’Insee, les premières données disponibles suggèrent un tassement de la consommation en septembre. Ce que confirme François Asselin. « L’ambiance actuelle, la dégradation de la situation sanitaire font que les gens sortent moins. Les consommateurs ont changé de comportements ces dernières semaines et, étant donné le manque de visibilité, les entreprises vont faire de même », prévoit-il.

D’autres, nettement moins nombreux, se préparent au confinement parce qu’ils attendent une hausse de l’activité, comme au printemps dernier. C’est le cas de la grande distribution « qui anticipe une progression de la demande de certains produits et a déjà sécurisé leur approvisionnement », explique Jacques Creyssel, président de la Fédération du commerce et de la distribution.

Une économie durablement en sous-régime

Alors comment estimer l’impact de nouvelles mesures sur l’économie ? Lors du confinement du printemps dernier, le PIB avait reculé en moyenne de 30 % chaque semaine mais on peut penser que le prochain tour de vis sanitaire n’aura pas le même impact. Certains secteurs n’ont pas de raison de s’arrêter comme la construction l’avait fait en mars, les entreprises se sont adaptées et d’autres ont repris une activité normale. « L’industrie tient assez bien, à part l’aéronautique », estime ainsi Patrick Martin, le président délégué du Medef, qui plaide pour des décisions pragmatiques, différentes selon les secteurs, entre les métropoles et les villes plus petites, pour ne pas mettre en péril ce qui a été regagné depuis le déconfinement.

Le PIB du troisième trimestre devrait rester inférieur de 5 % environ à son niveau d’avant la pandémie, c’est-à-dire de la fin 2019. Il paraît désormais acquis que la rechute aura lieu en fin d’année. Comme les secteurs qui seront les plus touchés par les décisions – l’hôtellerie-restauration, le tourisme, la culture, le transport et l’aéronautique – représentent environ 9 % du PIB français, il est probable que l’économie française fonctionnera au quatrième trimestre aux alentours de 90 % de ses capacités. Rexecode estimait que l’activité française serait 6 % inférieure à son niveau d’avant Covid-19 en cette fin d’année, avant le nouveau tour de vis.

Le scénario craint au printemps dernier, celui d’une reprise en W, en montagnes russes, se confirme avec cette deuxième vague de l’épidémie. Ce qui signifie que, dans l’urgence, la boîte à outils des aides aux entreprises et aux ménages les plus modestes, va devoir être enrichie par le gouvernement. Mais dans un second temps, il faudra bien négocier pour partager au mieux le coût de cette crise, entre ménages, entre entreprises et au niveau européen.

lesechos

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