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Crise coréenne : la tension ne retombe pas

Crise coréenne : la tension ne retombe pas

Le régime nord-coréen “ne demande qu’une chose, la guerre”, affirme l’ambassadrice américaine aux Nations Unies.

Face aux provocations répétées du régime de Kim Jong-un, la communauté internationale sera-t-elle capable d’adopter une position commune ?

Le régime nord-coréen “ne demande qu’une chose, la guerre”, a lancé Nikki Haley, l’ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, lors d’une session du Conseil convoquée lundi en urgence après que Pyongyang a fait exploser, la veille, une bombe à hydrogène. Et d’ajouter: “Trop c’est trop (…) il faut que l’ONU prenne les mesures les plus fortes possibles et cesser les demi-mesures”.

Les Etats-Unis et leurs alliés européens et japonais, vont donc soumettre un nouveau projet de résolution visant la Corée du Nord à la négociation des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Dans ce contexte de montée des tensions, le huitième train de sanctions proposé – le septième avait été adopté le 5 août à l’unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité – sera soumis au vote du Conseil de sécurité lundi. Mais le vote de Pékin et de Moscou, qui disposent d’un droit de veto, reste loin d’être acquis.

Moscou ne croit plus aux sanctions

“Nous verrons ce qu’il y a dans le projet de résolution”, a déclaré après la réunion l’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia. Mais “des sanctions seules n’aideront pas à trouver une solution et je ne suis pas sûr qu’elles influenceront l’autre partie”, a-t-il fait valoir.

Quant à la Chine, premier soutien de Pyongyang et destinataire de 90% de ses exportations, sa position au sujet d’un nouveau train de sanctions n’est encore pas connue. Mais une chos est sûre, Pékin s’oppose à toute option guerrière. La crise avec la Corée du Nord “doit être résolue de manière pacifique. Grâce au dialogue, nous pouvons aboutir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne”, a déclaré son ambassadeur à l’ONU, Liu Jieyi.

Paralèllement, il a enjoint Kim Jong-un à “cesser de prendre des décisions mauvaises qui aggravent la situation et ne servent pas ses propres intérêts”. Et suggéré que les Nord-Coréens reviennent “sur la bonne voie consistant à résoudre le problème par le dialogue”.

Renforcement du bouclier américain

Pour éviter une escalade guerrière entre Américains _ Washington s’est dit prêt à utiliser le feu nucléaire (Lire aussi)_ et Nord-Coréens, Pékin et Moscou ont récemment proposé un « deal » : une suspension des manoeuvres américano-sud-coréennes contre un gel des programmes d’armement nord-coréens. Une offre sèchement rejetée par Nikki Haley.

Mardi, le président russe, Vladimir Poutine, qui s’exprimait à l’issue du sommet des BRICS à Xiamen (sud-est de la Chine), a mis en garde contre “l’hystérie militaire insensée” de la crise autour des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, à même de provoquer une “catastrophe planétaire”.

Mais le président russe a réaffrimé que des sanctions accrues ne changeront pas le comportement du pouvoir nord-coréen mais pourraient, au contraire, conduire à des “souffrances humanitaires”.

La menace est réelle

Reste que les missiles de Pyongyang contituent une menace réelle. Selon des responsables de Séoul, le régime crypto-communiste pourrait être en mesure d’équiper d’une charge nucléaire un missile capable d’atteindre les Etats-Unis et, selon les services secrets sud-coréens, Pyongyang pourrait tenter un coup d’éclat autour du 9 septembre , date anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée.

Dans l’ immédiat, Séoul et Washington ont annoncé le renforcement en Corée du Sud du système de lance-missiles Thaad (Terminal High-Altitude Area Defense), le bouclier américain qui provoque la fureur de Pékin. Donald Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-In sont également convenus lundi de supprimer le seuil qui, en vertu d’un accord bilatéral signé en 2001, limite la charge portée par les missiles de la Corée du Sud à 500 kg.

JEAN-MICHEL GRADT
lesechos

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