mercredi 23 septembre 2020
Accueil / Finances / Croissance de l’activité bancaire en Afrique sous fond d’incertitude (rapport BEI)

Croissance de l’activité bancaire en Afrique sous fond d’incertitude (rapport BEI)

Croissance de l’activité bancaire en Afrique sous fond d’incertitude (rapport BEI)

Au cours des douze prochains mois, 77% des groupes bancaires (77 %) africains prévoient une expansion, principalement au moyen d’une
croissance organique, révèle la Banque européenne d’investissement (BEI) dans son nouveau rapport intitulé «Financement de la transformation sur fond d’incertitude».

Les groupes bancaires interrogés prévoient d’accélérer l’expansion de leur portefeuille de prêts et signalent être intéressés par les secteurs primaire et s Près des trois quarts (74 %) des groupes bancaires indiquent qu’ils s’attendent à une augmentation de leur ratio prêts/dépôts. Ils déclarent également que l’industrie manufacturière (27 %), ainsi que l’agriculture, la foresterie et la pêche (22 %) représentent les secteurs les plus attractifs pour l’activité de prêt. Les secteurs des services sont également mentionnés, mais moins fréquemment que ce à quoi l’on pourrait s’attendre. En 2018, 15 % des groupes bancaires les citaient comme les secteurs les plus attractifs. Ces chiffres sont peut-être le signe d’une certaine saturation du secteur.

La cinquième édition de ce rapport économique met en lumière les récentes évolutions intervenues dans les secteurs bancaires africains. Le rapport, qui repose à la fois sur des données macroéconomiques et des données d’enquête, aborde les questions structurelles et les possibilités d’investissement pour le continent et propose des options stratégiques pour toutes les parties prenantes.

Le nouveau rapport repose sur des travaux internes de recherche conjugués à des contributions de banques commerciales actives dans la région, d’institutions financières internationales et d’autres institutions de premier plan comme le Centre de développement de l’OCDE et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). « La BEI est déterminée à soutenir l’investissement en partenariat avec les États et l’industrie sur l’ensemble du continent africain. La Banque de l’UE y intervient depuis 1963 et a fourni depuis lors 45 milliards d’EUR de financements au total.

Avec ce nouveau rapport, la Banque partage de l’expérience et de la connaissance des tendances de l’investissement en Afrique et contribue au débat sur les meilleures pratiques en matière d’investissement et de financement. Les investissements sont essentiels pour la croissance durable, la prospérité et le progrès social en Afrique. La BEI va continuer, en tant que banque de l’Union européenne, à collaborer avec ses partenaires pour soutenir des investissements durables, favoriser une croissance inclusive et résiliente et réduire la pauvreté », a déclaré Werner Hoyer, président de la Banque européenne d’investissement.

Croissance économique et endettement

D’après la nouvelle étude, la croissance économique en Afrique devrait légèrement s’accélérer en 2020, sous l’effet du renforcement de la demande. Cependant, compte tenu du taux actuel de croissance démographique, la hausse du PIB par habitant ne sera pas suffisante pour garantir une convergence rapide avec les pays à revenu intermédiaire et élevé, réduire sensiblement la pauvreté et créer assez d’emplois pour une population active de plus en plus nombreuse. Le taux d’endettement moyen des pays africains montre des signes de stabilisation. Toutefois, plusieurs États présentent un haut risque de surendettement, en raison du niveau élevé de la dette publique (des emprunts non concessionnels en particulier) et de l’augmentation de la charge de la dette. Il existe de fortes disparités entre les pays en ce qui concerne le rythme de la reprise, les perspectives à moyen terme et la soutenabilité de la dette.

Essor des groupes et marchés bancaires africains

Le rapport dresse l’inventaire des tendances et problèmes stratégiques qui affectent les groupes bancaires en Afrique et fait état de l’optimisme prudent des groupes interrogés quant à un retour progressif à la croissance et à la stabilité sur les marchés bancaires africains. Néanmoins, certaines banques sont encore en phase de consolidation, notamment à court terme. Des groupes bancaires signalent des améliorations au niveau de la constitution des dossiers de prêt et des conditions de financement. Les prêts non productifs paraissent en passe d’être maîtrisés dans la plupart des groupes bancaires, même s’ils sont encore en hausse dans certains d’entre eux. Les banques ayant répondu à l’enquête prévoient d’étendre leurs portefeuilles de prêts, l’industrie manufacturière et l’agriculture étant les secteurs qu’elles ciblent en priorité à l’heure actuelle. De plus, bon nombre de groupes bancaires indiquent considérer le financement des petites et moyennes entreprises (PME) comme hautement prioritaire, estimant qu’il s’agit d’un secteur présentant un potentiel de croissance. Toutefois, les groupes bancaires recensent également certaines difficultés spécifiques aux prêts aux PME : une pénurie de projets bancables, un manque de garanties de qualité acceptable, des capacités de gestion insuffisantes, le caractère informel des activités et des taux de défaillance élevés.

Villes durables, gains de productivité agricole et transferts de fonds des travailleurs migrants

Le rapport publié cette année examine également trois questions thématiques de portée transversale pour les pays africains. En premier lieu, le rapport passe en revue les options stratégiques de financement de l’aménagement urbain dans le contexte de l’expansion rapide des villes africaines et souligne que l’adoption d’une vision territoriale et inclusive est essentielle pour valoriser le potentiel d’urbanisation du continent africain. Deuxièmement, il aborde le financement des chaînes de valeur agricoles en Afrique et la manière dont elles pourraient accroître la productivité agricole, soutenant ainsi le développement économique durable. Enfin, il examine la façon dont les transferts de fonds des travailleurs migrants peuvent être utilisés pour stimuler le développement du secteur financier, par exemple par la mise au point de systèmes de paiement et le renforcement de la concurrence sur les marchés des transferts de fonds des travailleurs migrants, afin d’en faire baisser les coûts et d’inciter au recours à des canaux officiels.

financialafrik

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Champs obligatoires marqués par *

*

Aller en haut