samedi 23 janvier 2021
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Croissance : la France parmi les pays les plus touchés par le coronavirus

Croissance : la France parmi les pays les plus touchés par le coronavirus

Dans ses nouvelles prévisions de croissance, l’OCDE place la France parmi les quatre pays européens les plus sévèrement touchés par la crise sanitaire. Le PIB français reculerait de 11,4 % cette année dans le meilleur des cas et de 14,1 % en cas de seconde vague.

Les pays européens payent le prix fort de la crise économique occasionnée par le Covid-19. Selon les nouvelles prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiée mercredi, l’Espagne (-11,1 %), l’Italie (-11,3 %), le Royaume Uni (-11,5 %) et la France (-11,4 %) verront leur produit intérieur brut (PIB) chuter de plus de 11 % cette année dans le meilleur des cas. L’organisation privilégie deux scénarios. Le premier suppose une maîtrise progressive de la pandémie.

Les deux scénarios de l'OCDE montrent que les pays européens payent un lourd tribut à la crise sanitaire

Les deux scénarios de l’OCDE montrent que les pays européens payent un lourd tribut à la crise sanitaire OCDE

Le second envisage une deuxième vague d’ici la fin de l’année. Dans le second cas, la chute du PIB se situerait aux alentours de 14 %. Au niveau mondial, les experts du château de la Muette avancent un recul du PIB de 6 % ou de 7,6 % selon le scénario privilégié. Les Etats-Unis (-7,3 % et – 8,5 %) et l’Allemagne (- 6,6 % et – 8,8 %) résistent un peu mieux. Dans un cas comme dans l’autre, « jamais, dans toute l’histoire de l’OCDE créée il y a 60 ans, nous n’avons revu en baisse la croissance mondiale avec une telle ampleur », s’est exclamé le secrétaire général de l’Organisation, Angel Gurria, lors de la conférence de presse. Tous les pays membres de l’Organisation sont en récession. Et le commerce mondial qui stagnait avant la crise va se contracter entre 9 et 12 % cette année, prédit Angel Gurria.

Le pire évité

« Les impacts économiques sont terribles partout. La reprise économique sera lente et la crise exercera des effets durables », prévient Laurence Boone, l’économiste en chef de l’organisation. « L’impact sanitaire, social et économique de l’épidémie aurait pu être bien pire sans le dévouement du personnel de santé et des autres travailleurs essentiels qui ont continué à servir le public, mettant ainsi leur propre santé en danger », salue l’organisation. Tant qu’aucun vaccin ou traitement ne sera largement disponible, les responsables politiques continueront de marcher sur la corde raide. Dans ce contexte, l’OCDE s’inquiète des restrictions à l’exportation de certains matériels médicaux. « Nous avions pourtant averti les gouvernements de ne pas s’engager dans ce type de protectionnisme », tempête Laurece Boone.

Pour l’OCDE, la distanciation physique, les tests, le suivi, le traçage et l’isolement seront les principaux instruments de lutte contre la propagation du virus. Ils sont indispensables à la reprise économique même s’ils n’offrent aucune assurance contre une deuxième vague épidémique. Mais les secteurs touchés par les fermetures de frontières et ceux nécessitant des contacts personnels étroits, tels que le tourisme, les voyages , les divertissements, les restaurants et l’hébergement ne reprendront pas comme auparavant.

Nécessaire transition

Même si la croissance reprend dans certains secteurs, l’activité globale restera en sourdine pendant un certain temps. Les gouvernements peuvent fournir les filets de sécurité pour permettre aux personnes et aux entreprises de s’adapter. Mais, il ne peut pas maintenir l’activité, l’emploi et les salaires du secteur privé pendant une période prolongée. De nécessaires transitions devront être opérées par les entreprises et les salariés. Ce qui n’empêchera pas des faillites d’entreprises et une augmentation du chômage . Que ce soit en France et au Royaume Uni (près de 15 % de taux de chômage) en Espagne (plus de 20 %) ou aux Etats-Unis (de 10 % à 15 % selon le scénario), l’impact social sera rude. Et l’OCDE s’inquiète fortement des entreprises des secteurs les plus touchés dans la mesure. « Ces entreprises étaient déjà lourdement endettées avant la crise sanitaire », alerte Laurence Boone. « Des politiques monétaires ultra-accommodantes et une dette publique plus élevée sont nécessaires » pour contrer ses effets économiques délétères. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, le ratio d’endettement public sera quasiment le double de celui observé en 2007 et approcherait les 140 % du PIB.

lesechos

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