samedi 31 octobre 2020
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Cryptomonnaie et Smart City, l’avenir de l’Afrique sera-il forgé par Akon ? (“Binance Off the Charts”)

Cryptomonnaie et Smart City, l’avenir de l’Afrique sera-il forgé par Akon ? (“Binance Off the Charts”)

On dit souvent de la blockchain qu’il s’agit d’un secteur fermé, où se retrouvent quelques passionnés. Un secteur où chacun se demande, quand viendra la sacro sainte adoption à grande échelle. Si un chanteur mondialement connu commence à se servir de celle-ci pour améliorer la qualité de vie d’êtres humains, qu’en est il  ? Le chanteur Akon avec son projet Akoin et sa propre ville futuriste sera-t-il la pierre angulaire ? CZ le fondateur de l’exchange Binance que nous ne présentons plus, le pense peut être. Quoi qu’il en soit, CZ était le modérateur du panel” CZ & Akoin: Driving Crypto Adoption and Innovation in Rising Economies” lors de la conférence Binance Off The Charts, qui fêtait les 3 ans de son bébé.

Êtes vous prêt à découvrir un Akon plus humaniste que jamais, accompagné de Jon Karas son associé ? Prêt à découvrir un CZ plus jovial et groupie que jamais ? Oui ? et bien c’est parti !

Akon : La cryptomonnaie et la blockchain m’ont toujours intéressés. Au départ comme beaucoup je n’avais aucune idée de ce dont il s’agissait et un de mes amis m’a expliqué. Il m’a ensuite présenté à Brock Pierce qui est comme tu le sais toi-même, un grand défenseur de l’écosystème. Il a pris son temps et m’a expliqué en quoi il s’agissait du futur, mais je suis habitué à ce genre de réflexion et je n’y ai pas prêté plus attention que ça sur le coup. Tout a changé lorsque je suis retourné dans ma terre natale, le Sénégal. Après avoir fini mon séjour, je devais retourner aux Etats-Unis. Ayant eu mon avion in extremis, je ne me suis rendu compte qu’une fois à bord que je n’avais que des francs CFA. Mon vol faisait alors escale à Paris et je me suis dit que je pourrai échanger là-bas. Quelle ne fut pas mon incompréhension lorsqu’on m’expliqua que cette monnaie n’était pas acceptée ici. Comment la France, le pays ayant créé le franc CFA, ne pouvait-elle pas l’échanger sur son propre territoire ? J’ai alors repensé aux explications de Brock Pierce et j’ai réalisé que le Bitcoin et les cryptomonnaies étaient ce dont l’Afrique avait besoin pour construire son futur.

Entre cette prise de conscience et le fait que tu veuilles lancer ta propre monnaie, le Akoin, combien de temps s’est écoulé ?

Entre 2 et 3 ans. J’ai pris le temps nécessaire pour vraiment comprendre le fonctionnement de la blockchain et de son économie. L’un des objectifs de ma vie est d’aider le développement de ce continent qui m’est si cher, victime d’un mauvais management de ses propres ressources et son instabilité monétaire. Avec Jon Karas nous avons réfléchi à comment changer les choses et je me suis rendu compte que Akon sonnait comme Akoin. La solution s’est alors imposée comme une évidence, une sorte de destinée peut être ?

Tu es un homme aux diverses facettes, musicien, entrepreneur, humaniste… Comment veux tu qu’on se rappelle de toi dans le futur ?

La musique est le domaine qui m’a fait connaître et m’a permis d’en être là où j’en suis aujourd’hui. Néanmoins, j’ai toujours vu la musique comme une passerelle pour me permettre d’accomplir des desseins plus grands. Je veux que les gens se souviennent de moi comme quelqu’un qui a contribué à l’essor de l’Afrique. Je veux que d’autres personnes me rejoignent dans mon combat. Ce continent a toujours donné ses outils pour développer les autres pays, maintenant c’est à nous de lui en fournir de nouveaux. Les choses doivent changer !

Quels sont les objectifs du token Akoin ?

Jon Karas : Il y a deux intérêts principaux :

  1. Simplifier les conversions entre les monnaies : comme vous le savez CZ, l’Afrique est un continent où coexistent 54 pays, autant de gouvernements et plus de 40 monnaies différentes. Cette situation rend les discussions lentes et difficiles et n’incite pas des investisseurs à  lancer des projets sur le territoire. Avec le Akoin, les utilisateurs pourront facilement passer d’une monnaie à une autre en quelques secondes. Le temps des longues conversions avec des frais élevés ne sera plus qu’un mauvais souvenir. L’Afrique étant un pays où l’utilisation des téléphones prépayés est fréquent, nous avons signé un partenariat avec BitMinutes qui rend possible la tokénisation du temps restant. L’utilisateur pourra facilement échanger celui-ci contre du fiat, des Akoins ou d’autres services.
  2. L’accès aux applications décentralisées : il s’agira de la porte d’entrée pour participer à l’écosystème. Les dApps faciliteront l’accès aux micro prêts, aux micro loteries que nous allons lancé, à l’éducation et au domaine de la santé. Il s’agit d’un grand écosystème dont la Akon City fait partie.

En parlant d’Akon city, la société ayant décroché le contrat est l’entreprise américaine KE International. Celle-ci est connue pour la construction de Mwale Medical and Technology City  (MMTC). Pouvez vous nous en dire plus sur cette ville ?

Jon Karas : Oui MMTC est un projet de ville technologique et écologique lancé en 2014 à Kakamega à l’ouest du Kenya. Il s’agit d’une ville écologique et technologique dont la construction se terminera cette année. Près de 4800 résidences écologiques sont disponibles, mais le cœur de la ville est le Hamptons Hospital qui dispose de près de 5000 lits pour y accueillir des patients. La ville se développe progressivement avec ses centres commerciaux et prochainement un aéroport pour faciliter les déplacements. Fonctionnant avec une centrale solaire est un incinérateur de déchets, la ville a obtenu la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) qui est une certification écologique réputée.

Mwale Medical an Technology City (MMTC)
Mwale Medical and Technology City (MMTC)

C’est pour toutes ces raisons que nous avons choisi la société KE International pour la construction de Akon City.

Akon : Concernant le Hamptons Hospital, les recherches qui s’y opèrent attirent des sommités du corps médical et il est actuellement en charge de la direction des recherches contre le Covid 19 sur le continent africain. Nous avons signé un partenariat avec celui-ci dans le cadre du projet Akoin car le secteur médical est particulièrement important dans un pays comme l’Afrique.

Jon Karas : Le Akoin sera un moyen de paiement pour les habitants et chercheurs de la ville. De la simple facture, au salaire, tous se fera avec le token Akoin.

Obtenir un tel contrat est impressionnant ! Comment avez-vous réussi ce coup de maître ?

Jon Karas : Pour tout vous dire CZ je possède une arme secrète répondant au nom de code AKON. Les habitants le connaissent et sont conscients que sa démarche est sincère. Ils nous écoutent donc facilement et signent également facilement (rire).

Quelles sont les choses les plus prometteuses qui arrivent ?

Akon : Comme nous l’avons dit, notre objectif est d’amener de nouveaux outils et concepts sur le sol africain. La Akon city et le Akoin, son utility token seront surement le début d’un proof of concept pour d’autre villes dans le monde. Ces villes seront bien évidemment à adapter en fonction du patrimoine culturel de chaque pays.

Akon city
La fameuse Akon City

Jon Karas :  Il y a beaucoup de chose prometteuses qui arrivent ! Nous avons tout d’abord signé un partenariat avec Jeev Network. Il s’agit d’une solution permettant de digitaliser le domaine de la santé en mettant en relation les docteurs et leurs patients. Sanjeev Kaila, le fondateur est un vrai visionnaire.

Nous sommes également en lien étroit avec la World Food Bank et le Global Food exchange. De nombreuses entreprises d’agricultures sont également en contact avec nous, car il s’agit d’un des revenus principaux des africains.

Nous sommes entrain de lancer des Akon Effect Opportunity Hubs. Il s’agit de hub technologique où les citoyens pourront s’éduquer sur les nouvelles technologies telles que l’IA et la blockchainLe premier ouvrira auprès de la  Mwale Medical and Technology City fin 2020.

Nous nous concentrons également sur la construction de notre communauté via notre partenariat avec Sensechat, une messagerie permettant d’envoyer facilement des cryptomonnaies. Bien entendu nous sommes toujours à la recherche de nouveaux partenariats.

Lorsque j’essaye de développer Binance en Afrique, je me retrouve avec des personnes soient n’y comprenant rien soit très intéressées. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de juste milieu. Compte tenu de vos ambitions, vous n’avez aucun problème de communication avec les gouvernements ?

Jon Karas : Akon est beaucoup investi en Afrique depuis des années, avec Akon lighting africa en 2014 par exemple. Comme pour ta question sur l’obtention du contrat, les gens comprennent son amour pour l’Afrique et il a donc un immense support du citoyen mais également du gouvernement. Il y a un vrai désir d’apporter la technologie pour la qualité de vie et les habitants nous accueillent à bras ouverts.

Akon, en tant qu’entrepreneur, quelles sont les leçons que tu as retiré du marché africain. Qu’est ce qui marche et qu’est ce qui ne marche pas ?

Akon : Je dirai que ce qui ne marche pas est la précipitation. Beaucoup d’entreprises viennent en Afrique en important un modèle qui a réussi ailleurs. Le peuple africain n’est pas comme les autres et souhaite qu’on respecte sa culture. Il faut donc comprendre celle-ci et s’adapter en conséquence. L’entreprise doit inspirer la confiance, à un peuple qui n’a que trop longtemps été manipulé.

Comme Binance vous avez-vous aussi votre propre fondation, en quoi consiste elle ?  

Jon Karas : La fondation a pour but d’améliorer les conditions de vie des gens. Nous sommes donc concentrés sur l’éducation, la finance, l’accès à la santé, l’amélioration de la productivité. Nous utilisons également la blockchain pour nous assurer que les habitants conservent légalement les terres qu’ils exploitent depuis des générations. Notre équipe ne cesse de s’agrandir et nous sommes confiants pour le futur.

La crise du covid 19 a-t-elle eu une influence sur vos projets ?

Akon : Ironiquement, le Covid 19 a été une bénédiction pour moi. Tout étant fermé, les distractions n’étaient plus possible et j’ai donc pu me concentrer pleinement sur mon projet et signer pas mal de partenariats pour celui-ci. Il est en effet plus facile de démarcher des gens quand ceux-ci sont dans l’incapacité de vous fuir (rire).

Jon Karas : Je partage l’avis d’Akon, ce que nous avons accompli au cours de ces 90 derniers jours est tout simplement incroyable. Sans cette crise cela aurait surement été plus long. Néanmoins d’autres partenariats nécessitent des rencontres “en vrai” et c’est impossible dans le contexte actuel, il faudra donc attendre.

Maintenant que ces questions sont terminées j’ai quelques questions te concernant toi Akon. Après cette crise, as-tu des concerts de prévu ?

Akon : Oui, j’ai des tournées de prévues pour lutter entre autres contre les différentes formes de harcèlement. Que mes fans ne s’inquiètent pas, celle-ci sera d’ampleur mondial, je n’ai qu’une seule envie : remonter sur scène.

Pourra-t-on utiliser le Akoin pour tes concerts ?

Akon : Oui bien entendu ! Le Akoin doit pouvoir être utilisé en toutes circonstances, mes concerts n’échappent pas à la règle.

Lors de tes tournées, tu as pu visiter d’innombrables villes, laquelle est ta préférée ?

Akon : Malte sans aucune hésitation, j’adore cette ville.

Et parmi toutes les nourritures que tu as pu tester, laquelle est ta préféré ?

Akon : Je ne suis pas un homme compliqué, donc la pizza.

Pour finir quel est le livre que tu recommanderais à tout le monde de lire ?

Les quatre accords toltèques de Don Miguel Ruiz sans hésitation.

Conclusion :

Si pour certains le projet de Akon semble démesuré, il apparaît difficile d’attaquer l’homme sur ses convictions. Akon City étant déjà considérée comme une « zone fiscale spéciale » par le gouvernement sénégalais, nul doute qu’elle attirera nombre d’investisseurs ou de personnes cherchant une fiscalité différente. Peut être un jour TheCoinTribune et vous, chers lecteurs, nous retrouverons là bas autour d’une pizza et d’un concert d’Akon en compagnie de CZ notre groupie préférée.

thecointribune

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