Accueil / Développement / DE LA CEAO A L’UEMOA : Fatimata Sawadogo revisite la trajectoire…

DE LA CEAO A L’UEMOA : Fatimata Sawadogo revisite la trajectoire…

DE LA CEAO A L’UEMOA : Fatimata Sawadogo revisite la trajectoire…

DE LA CEAO A L’UEMOA : Fatimata Sawadogo revisite la trajectoire de l’intégration en Afrique de l’Ouest

Dans son ouvrage intitulé « De la Ceao à l’Uemoa ou la genèse d’une intégration sous-régionale réussie », présenté, hier, l’auteur, Fatimata Sawadogo, représentante-résidente de la Commission de l’Uemoa à Dakar, jette un coup d’œil sur le rétroviseur du processus de création de l’Union monétaire de l’Afrique de l’Ouest.
Economiste de formation, Fatimata Sawadogo, représentante-résidente de la Commission de l’Uemoa au Sénégal, a publié un ouvrage qui revient sur les grands moments du processus d’intégration de la zone ouest-africaine. L’intitulé de son livre, « De la Ceao à l’Uemoa ou la genèse d’une intégration sous-régionale réussie », retrace la trajectoire de l’intégration ouest-africaine. L’auteur fait ainsi une analyse historique sur les principales organisations qui ont précédé la Commission économique de l’Afrique de l’Ouest (Ceao) en se concentrant sur les acquis et les insuccès de cette défunte institution. Elle étudie le passage de la Ceao à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) pour mieux démontrer les grandes avancées sur les différents chemins de l’intégration sous-régionale.

L’Uemoa, un bilan positif
Mme Sawadogo insiste sur le bilan « positif » de l’Uemoa, eu égard aux nombreuses actions concrètes dans tous les secteurs de la vie socio-économique au profit des populations. La représentante-résidente de la Commission de l’Uemoa souligne que les bonnes performances au cours des 20 ans de l’existence de cette Union est le témoignage de sa performance et de son efficacité en termes de réalisations et de réformes dans les secteurs d’activité économique, même si la transposition de certaines de ses nombreuses réformes dans les législations nationales se fait à un rythme beaucoup plus lent et qu’elle reste confrontée à plusieurs difficultés. Il s’agit de la persistance de la pauvreté, de la crise alimentaire récurrente, du déficit d’infrastructures économiques.
Pour l’auteur, en dépit des critiques qui peuvent être formulées à l’endroit de l’Uemoa en termes d’exiguïté de l’espace géographique, de lourdeurs dans le processus de prise de décisions, de l’insuffisance de la volonté politique en ce qui concerne la mise en œuvre de certaines réformes, d’un manque de sanctions positives ou négatives à l’égard des Etats membres, des pas importants ont été franchis. A son avis, l’Uemoa a su relever le défi et remettre l’économie de la sous-région sur la voie du développement. Ce qui se traduit par une bonne maîtrise de l’inflation, une hausse significative de la production agricole, la reprise des investissements directs étrangers, l’assainissement des finances publiques et un taux de croissance moyen de 5 %. Il faudrait encore, selon elle, beaucoup de temps à la Cedeao pour atteindre l’objectif de l’accélération de l’intégration en Afrique de l’Ouest. Car, justifie Mme Sawadogo, la stratégie de création d’une seconde zone monétaire transitoire pouvant évoluer pour constituer à terme avec l’Uemoa, une union monétaire plus large, se présentant comme une arlésienne, fut abandonnée au profit de la création d’une monnaie unique directement liée.

L’Uemoa fait mieux que la Cedeao en intégration
Elle reste d’avis qu’un manque de volonté politique ne favorise pas l’avènement de ce socle monétaire « indispensable » à la réussite de l’intégration régionale. « Bien que l’Uemoa ne figure pas parmi les Commissions économiques régionales retenues au sein de l’Union africaine, elle n’en demeure pas moins une organisation d’intégration régionale phare en Afrique de l’Ouest ayant fait ses preuves » soutient l’auteur. Cette Union monétaire est très avancée sur de nombreux chantiers à tel point qu’à défaut de la refondre tout de suite dans la Cedeao, les décideurs ont plutôt opté pour la capitalisation de son expérience en la faisant cohabiter avec la Cedeao jusqu’à nouvel ordre dans le cadre de la convergence.
Mme Sawadogo estime que l’Uemoa peut continuer à exister d’autant plus qu’elle réussit bien mieux que la Cedeao en matière d’intégration. Auteur de la préface dudit livre, Cheikh Hajibou Soumaré, président de la Commission de l’Uemoa, souligne que dans l’optique de cette unification de l’espace sous-régional, il s’agira de mettre en œuvre de nouveaux dispositifs d’harmonisation et d’intégration des économies nationales pour créer de nouvelles efficiences en respectant, au préalable, un certain nombre de critères de convergence macroéconomique qui sont vigoureusement étudiées et suivies par tous les pays membres.

Abdou DIAW
lesoleil.sn

Aller en haut