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Derrière l’industrie pétrolière, plombée par Harvey, toute une économie menacée

Derrière l’industrie pétrolière, plombée par Harvey, toute une économie menacée

Des morts, des maisons dévastées, des routes inondées, balayées, rayées de la carte. La tempête tropicale Harvey est l’une des catastrophes les plus sévères qu’a connu le Texas. Le tissu économique est touché. Au premier titre desquels l’industrie pétrolière, particulièrement active dans le Golfe du Mexique, qui tourne au ralenti. Et avec elle presque tous les secteurs, pour une facture potentielle de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

La région est plus que stratégique. Et pour cause, le tiers des capacités de raffinage du pays et 20% de sa production d’or noir y sont concentrés. L’industrie pétrolière américaine absorbe de plein fouet les conséquences de l’ouragan Harvey de force 4 sur une échelle de 5 qui balaie depuis vendredi 25 août dernier les côtes au large du Golfe du Mexique. Derrière elle, c’est toute une économie qui se trouve bouleversée, avec des dizaines de milliards de dollars de pertes en jeu.

Le cataclysme, sans précédent depuis l’ouragan Katrina de 2005, a poussé les opérateurs gaziers et pétroliers à freiner leurs activités. Sur 737 plates-formes pétrolières, 102 ont été évacuées dans le secteur à titre préventif, selon le dernier bilan établi par le Bureau de régulation de l’environnement et de la sécurité (BSEE) mardi 29 août.

Environ 18,26% de la production actuelle de pétrole, soit 1,750 million de barils par jour, a été stoppée dans le Golfe du Mexique”, détaille l’autorité américaine citant les derniers rapports fournis par les opérateurs eux-mêmes. Cinq puits de pétrole sur dix ont été évacués. Et s’agissant du gaz naturel, la production locale est en déficit de 19,1%.

Des stocks encore suffisants

Rétrogradé en tempête tropicale samedi par les services météorologiques américains, Harvey provoque des inondations d’une ampleur inédite depuis 1961 dans la région de Houston (Texas). Les pluies torrentielles qui s’abattent au Texas, et menacent la Louisiane, devaient engendrer un pic d’inondations pour ce mercredi 30 août ainsi que le jeudi 31 selon le National Hurricane Center, et compromettre la réouverture des raffineries.

Le géant pétrolier ExxonMobil, guère optimiste, a indiqué dès dimanche avoir procédé à la fermeture de Baytown, le plus gros complexe au monde, et a réduit la production de sa raffinerie de Beaumont. Les conséquences financières pour les opérateurs sont en cours d’évaluation. Selon les premières estimations des analystes de Platts, la capacité totale de raffinage dans le Golfe du Mexique est amputée de 2,2 millions de barils par jour. Toutefois, les stocks de produits raffinés au mois de mai dernier notamment – dont de l’essence et du diesel – sont suffisamment importants pour ne pas laisser craindre de pénurie pour l’heure. Même si à la pompe, l’incertitude a fait grimper les prix depuis ce week-end.

Harvey dans le top 5 des désastres les plus coûteux

D’un point de vue global, les conséquences économiques de la tempête ont de quoi faire pâlir le nouveau président des Etats-Unis. Harvey pourraient représenter une facture de 65 milliards de dollars en termes de dégâts matériels et en pertes de production, selon les estimations de Moody’s. Ce qui classerait la catastrophe parmi les cinq pires désastres depuis les années 1980, derrière les ouragans Katrina de 2005 et Sandy de 2012, relève le Financial Times. A titre de comparaison, l’ouragan Ike de 2008 a coûté près de 14 milliards de dollars aux assurances, contre 7 milliards pour Rita en 2005, souligne Moody’s dans ses dernières perspectives de crédit.

Donald Trump s’est rendu sur place mardi pour constater les dégâts et assurer les populations et entreprises de son soutien pour ce qui est, le premier grand cataclysme de son mandat.

Il n’y a probablement jamais eu d’événement aussi coûteux dans l’histoire de notre pays, d’aussi historique en termes de dommages et en termes de férocité telle que l’on a pu vivre avec Harvey”, a déclaré le chef de l’Etat.

usinenouvelle

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