mardi 24 novembre 2020
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Des risques apparaissent derrière le succès du S&P 500

Des risques apparaissent derrière le succès du S&P 500

Au-delà de ses solides performances sur le long terme, l’indice S&P 500 présente un certain nombre de risques pour les investisseurs. Sa valeur globale est concentrée sur deux secteurs, et la croissance de ses dividendes ainsi que ses rendements sont plus faibles.

Le S&P 500, l’indice qui regroupe les 500 entreprises les plus valorisées des bourses américaines est certainement l’un des meilleurs produits financiers au monde. Le SPDR S&P 500, le fonds indiciel boursier qui le suit est le plus important au monde, avec des actifs sous gestion record de 288,5 milliards $. Il est aussi le meilleur en termes de rentabilité, avec un rendement moyen de 13,94% sur chacune des 10 dernières années.

Une autre qualité qu’on reconnaît à l’indice, c’est la progression de son dividende moyen tous les ans. Il est passé de 5,27 $ en 1871 au moment de son lancement à 59,68 $ pour la période s’achevant au 30 juin 2020. Cela représente une progression de 1032%. Ces chiffres font du S&P 500 l’indice boursier de référence pour les investisseurs.

Une analyse plus poussée des données de marché emmène à constater l’existence de certaines fragilités. La première c’est la concentration de sa valeur autour de deux secteurs. Bien que l’indice comporte un peu plus de 500 entreprises, 40% de la capitalisation boursière repose sur les valeurs technologiques et des entreprises du secteur de la santé. Les valeurs technologiques (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) qui sont élargies à Netflix comptent pour 27,98% de la capitalisation boursière de l’indice, selon des données de marché collectées par l’Agence Ecofin.

Ces six valeurs ont contribué fortement à la hausse de la valeur du S&P 500 alors que pour la majorité d’entre elles, il n’y a pas de distribution de dividendes. Seules les plus-values boursières peuvent récompenser les investissements. Lorsqu’on regarde les valeurs de l’indice qui paient des dividendes, on y retrouve des entreprises du secteur du tourisme et de l’immobilier dont les performances financières et boursières sont en baisse.

On note aussi un ralentissement des performances sur le S&P 500. Au terme du trimestre s’achevant à juin 2020, le dividende global de l’indice était en hausse de seulement 6,43% par rapport à celui des trois mois précédents. Il faut dire qu’en raison du coronavirus, plusieurs entreprises ont décidé de ne pas distribuer de dividendes, mais beaucoup d’autres y ont été contraintes, en raison d’une trésorerie faible. C’est aussi la plus faible progression trimestrielle de dividendes depuis juin 2017.

En dernier lieu, il y a le rendement moyen de dividende. Cet indicateur mesure la marge de bénéfice résultant de chaque dollar investi sur une action de société cotée. Au 17 juillet 2020, ce rendement de dividende est de 1,87%. Certes c’est un rendement qui est encore significatif, lorsqu’on le compare à celui des bons du Trésor américain remboursable à moins d’un an, mais il s’est régulièrement affaibli et est aujourd’hui en dessous de sa moyenne de 4,7% des 150 ans d’existence de l’indice.

Selon Brett Arends, un auteur d’analyses financières, deux mouvements sont à suivre dans les prochains jours sur les bourses américaines. La croissance pourrait revenir de manière durable, mais trouvera des investisseurs boursiers épuisés. Il prend pour exemple le fait que l’espoir d’un vaccin anti-covid-19 a fait progresser de 10% les valeurs des sociétés pharmaceutiques tandis que le S&P 500 n’a évolué que de 1%.

L’autre risque est la relance timide de l’économie. Les investisseurs pourront estimer que les valeurs technologiques qui tirent la performance du S&P 500 sont surestimées et alors on assistera à des séries de vente à vue. La situation est assez tendue. Plusieurs données font remarquer que la reprise des activités est assez lente aux Etats-Unis et dans plusieurs Etats, des retours au confinement sont envisagés. Aussi, le chômage baisse à un rythme plus lent qu’espéré.

agencecofin

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