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Dette: Porto Rico décrète un moratoire sur un remboursement de dette

Dette: Porto Rico décrète un moratoire sur un remboursement de dette

Le gouverneur de Porto Rico a annoncé dimanche que la banque de développement gouvernementale (GDB), l’équivalent pour l’île du Trésor américain, ne paierait pas dans l’immédiat un remboursement de dette de 422 millions de dollars, au risque de déclencher des poursuites judiciaires.

Dans un discours télévisé d’une dizaine de minutes, le gouverneur Alejandro Garcia Padilla a indiqué avoir décidé «un moratoire temporaire sur le paiement» de ce remboursement. L’échéance officielle était fixée au 1er mai, mais comme les banques sont fermées le dimanche, le paiement était encore possible jusqu’à la fin de la journée de lundi.

Alejandro Garcia Padilla a utilisé une loi qui avait été votée début avril par le Parlement de cette île américaine des Caraïbes et qui lui donne le pouvoir de déclarer un moratoire sur tout ou partie de la dette écrasante de Porto Rico, évaluée à plus de 70 milliards de dollars.

Porto Rico n’a déjà pas pu faire face à plusieurs échéances en début d’année, mais cette fois-ci figurent parmi les créanciers des détenteurs d’obligations à Wall Street et des fonds spéculatifs.

«La décision de ne pas payer a été une décision très difficile», a assuré le gouverneur.

Il a toutefois expliqué que Porto Rico ne pouvait pas payer ses créanciers alors qu’il avait besoin d’argent pour payer les salaires du secteur public ou les budgets de la santé et de l’éducation, mettant en avant dans le cas contraire le risque d’une «crise humanitaire» dans le pays.

«J’ai fait un choix», a-t-il indiqué à ses compatriotes. «J’ai décidé que vos besoins de base étaient plus importants que quoi que ce soit d’autre.»

Alejandro Garcia Padilla a par ailleurs une nouvelle fois demandé au Congrès américain d’autoriser l’île à restructurer sa dette à l’abri de ses créanciers. Le territoire peuplé de 3,5 millions d’habitants n’est en effet pas un Etat américain, et il ne peut pas se déclarer en faillite comme une municipalité.

«Nous avons demandé encore et encore au Congrès de nous fournir les moyens pour restructurer notre dette; nous ne voulons pas d’un sauvetage financier, et on ne nous a pas proposé de sauvetage financier, ce que nous voulons c’est une procédure de restructuration qui ne coûtera rien aux contribuables américains», a indiqué le gouverneur.

De nombreux fonds de pension américains ont investi en masse dans cet archipel autrefois prospère, séduits par de forts rendements.

Mais l’île est depuis une dizaine d’années plongée dans une récession qui a provoqué un exode de ses habitants vers les Etats-Unis.

La crise avait débuté en 2006 avec la fin d’un système d’exonération fiscale pour les entreprises nord-américaines, qui avait provoqué une chute de l’activité économique et conduit les gouvernements successifs à émettre de la dette pour combler le déficit croissant des finances publiques.

afp/20minutes.fr

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