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Deutsche Bank : la banque d’investissement, priorité du nouveau PDG

Deutsche Bank : la banque d’investissement, priorité du nouveau PDG

Christian Sewing annonce une réflexion approfondie sur le positionnement de l’activité de banque d’investissement dans un environnement de marché difficile.

Sous pression après trois années dans le rouge, Deutsche Bank s’est décidée à changer de patron : la première banque allemande a annoncé sa décision tard dimanche soir, à l’issue d’une réunion de son conseil de surveillance.

« Le conseil de surveillance de Deutsche Bank a nommé Christian Sewing au poste de PDG avec effet immédiat, il succède à John Cryan qui quittera la banque à la fin de ce mois », indique un communiqué.

Cette décision intervient en pleine crise de gouvernance au sein de la banque francfortoise, alors que la presse a rapporté ces derniers jours que le dirigeant du conseil de surveillance, Paul Achleitner, cherchait à remplacer John Cryan, avec qui il entretient de difficiles relations, deux ans avant la fin de son contrat.

Recrutement en interne

Plusieurs noms de banquiers issus de l’extérieur avaient circulé dans la presse comme potentiels successeurs du dirigeant britannique. Mais finalement Paul Achleitner a proposé au conseil de surveillance la nomination de Christian Sewing, membre du directoire depuis 2015 et actuellement à la tête de la banque de détail et des entreprises.

Entré comme apprenti il y a près de trente ans chez Deutsche Bank, ce banquier de 47 ans aura la lourde tâche de poursuivre le redressement du groupe initié par John Cryan. A la tête de la banque depuis l’été 2015, le Britannique était confronté à une pression croissante face à des actionnaires et investisseurs de plus en plus impatients d’engranger les premiers fruits de la restructuration.

Après une perte de 735 millions d’euros en 2017, la banque a annoncé s’attendre à de nouvelles difficultés au premier trimestre 2018, notamment dans sa banque d’investissement, première division du groupe. L’institut, qui peine également à réduire fortement ses coûts, n’arrive pas à regagner la confiance des investisseurs : son titre a perdu près de 30 % de sa valeur depuis le début de l’année.

Réflexion sur la banque d’investissement

« Le temps presse et les attentes sont élevées, de la part de nos clients, de nos investisseurs, des autorités réglementaires, des responsables politiques et des médias », écrit Christian Sewing dans une lettre au personnel publiée lundi sur le site internet de la banque.

Le nouveau PDG annonce qu’il va engager une réflexion approfondie sur la manière dont Deutsche Bank veut positionner son activité de banque d’investissement dans un environnement de marché difficile. Mais sans préciser à ce stade les mesures structurelles qu’il compte prendre.

« La priorité est d’exploiter nos forces et de répartir nos investissements en conséquence. Et dans le même temps, nous allons chercher à libérer des capacités en faveur de la croissance en nous retirant des domaines où nous ne sommes pas suffisamment rentables », poursuit-il.

S’ancrer davantage en Allemagne

Pour « Der Spiegel », la nomination de Christian Sewing marque la volonté de Deutsche Bank de davantage s’ancrer en Allemagne et tranche avec l’annonce la semaine dernière de l’arrivée de trois nouveaux membres du conseil de surveillance issus de banques d’investissement anglo-saxonnes (John Thain, ex-Merrill Lynch, Mayree Clark, ex-Morgan Stanley et Michele Trogni, ex-UBS).

L’institut fondé il y a 148 ans est en effet tiraillé entre ses velléités de continuer à compter parmi les banques d’investissement d’envergure mondiale, segment surlequel elle s’est lancée dans les années 1990 mais où sa part de marché continue de s’effriter face aux grandes rivales américaines, et un retour plus affirmé sur son marché domestique.

« La banque d’investissement est toujours surdimensionnée et gagne à peine de l’argent. Elle doit être impérativement davantage assainie », commente le quotidien « Handelsblatt », qui accueille favorablement le choix de Christian Sewing : « Puisqu’(il) ne vient pas de la banque d’investissement, il devrait avoir moins de scrupules à prendre des mesures déplaisantes de la sorte ».

Pauline Houédé
lesechos

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