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Deutsche Bank, menace «kolossale»!

Deutsche Bank, menace «kolossale»!

Menacée d’une amende de taille aux Etats-Unis, et même si cette amende pourrait être « divisée par trois », comme le souligne ce matin Le Figaro, cette banque allemande, la plus grande il est vrai, dans son pays, fait trembler le système financier européen. Lequel est aussi en difficulté en ce moment car les taux d’intérêts sont bas. En Une du journal Le Monde, cette crainte se précise sur l’Italie et le Portugal.

« La Deutsche Bank ce n’est pas rien, souligne le journal La République des Pyrénées, c’est le PIB de l’Italie et plus de 10% de celui de l’Europe ! Un effet domino serait catastrophique », prévient ce quotidien du midi de la France.

C’est ce que Libération appelle ce matin le « spectre de Lehman », du nom de la banque américaine Lehman Brothers, qui avait précipité la planète financière dans sa chute en 2008. « Certes, le désamour des marchés financiers pour le mastodonte allemand n’est pas nouveau, admet Libé. Voilà des mois que le cours de son action ne cesse d’être flingué par les investisseurs. Mais, cette fois, un nouveau chapitre de cette descente aux enfers semble s’écrire depuis jeudi soir ».

Vivement préoccupé par, ces bien peu mirobolantes perspectives, Le Figaro remarque que certains observateurs se demandent aussi « s’il faut faire un parallèle avec la banque Lehman Brothers ».

Deutsche Bank : un pompier nommé Merkel

Mais le pire n’est pas certain. Pas de panique, rassure donc La Charente Libre, « nul doute qu’Angela Merkel et son gouvernement interviendront si nécessaire pour éviter une faillite humiliante pour l’Allemagne et cataclysmique pour le reste du monde ». Ce qui reviendrait tout de même à « solliciter à nouveau le contribuable allemand, admet ce quotidien de l’ouest de la France. Ce qui serait du plus mauvais effet alors que s’amorce la campagne pour les élections générales de l’automne prochain, où la chancelière Merkel briguera un quatrième mandat ». Alors, si La Charente Libre le dit, on respire…

Dette : Hollande, la cigale

Préoccupation économique encore, avec la dette de la France, qui explose. Elle a « augmenté de 300 milliards d’euros depuis 2012 », s’alarme en manchette Le Figaro. Total à ce jour, 2 170 milliards d’euros, soir 98,4 % de la richesse de la France. N’en jetez plus…

Et Le Figaro s’insurge. « Après cinq ans de hollandisme, les finances publiques sont plus fragiles que jamais. L’édifice ne tient plus que par la grâce de M. Draghi et de sa politique européenne d’argent gratuit, qui a mis la France sous une tente à oxygène. Mais chacun sait que cette divine providence n’aura qu’un temps et que les taux d’intérêt remonteront tôt ou tard, plaçant notre pays à la merci des marchés financiers ».

Et Le Figaro de prévenir les candidats à la primaire de la droite qui seraient « tentés par l’abandon de la règle des 3% de déficit ». Ces derniers « feraient bien de méditer où conduirait un quelconque laxisme budgétaire. À une catastrophe annoncée ». C’était en quelque sorte, ce matin, le titre digne de Garcia Marques de la chronique naufrageuse du Figaro.

Daech : objectif Mossoul

Au Proche-Orient, le porte-avions Charles-de-Gaulle est entré en action. La France envoie de nouveaux Rafale rejoindre la coalition anti-Daech. Huit avions Rafale ont décollé hier du porte-avions nucléaire français pour des missions dont on ne sait encore rien. Mais « la coalition anti-Daech prépare une “action majeure” sur Mossoul », lance en Une Le Figaro journal, soulignons-le au passage, qui appartient au Groupe Dassault, constructeur du Rafale.
C’est un « signal diplomatique et militaire fort », souligne ce quotidien conservateur. Qui prévient : « Militairement, la reprise d’une cité qui comptait naguère 2 millions d’habitants avant de tomber dans les mains de Daech, pourrait être ardue. Il s’agira notamment de neutraliser un à un des snipers, dans un environnement urbain potentiellement piégé, et surtout face à des hommes prêts à mourir ». Sans omettre les conséquences humanitaires de la future éventuelle bataille de Mossoul. « Des centaines de milliers de réfugiés – jusqu’à un million selon l’ONU – pourraient tenter de fuir pendant les combats. Les affrontements et les règlements de comptes, pendant et après la libération de la ville, inquiètent également les partenaires occidentaux de la coalition », prévient Le Figaro.

Rosetta : la sonde euthanasiée

Nous avons commencé par le plongeon des bourses européennes. Terminons donc par le plongeon fatal et voulu dans l’espace, hier, de la sonde Rosetta, qui a été précipitée sur la comète Tchouri. Mission scientifique européenne hors-normes accomplie, pour ce robot ayant voyagé sur une distance, nous dit-on, de quelques huit milliards de kilomètres. Et opération de communication, elle aussi hors-normes, qui a permis au public de suivre en direct le « suicide » de la sonde, qui a volontairement été précipitée sur la comète.

Le Figaro énonce l’oraison funèbre. « Rosetta est définitivement morte et enterrée ». Et dresse le bilan. « L’Europe peut se satisfaire d’avoir été la première à avoir visité une comète et s’être posée dessus ». Sans omettre l’inévitable couplet philosophico-scientifique. « La complexité et l’abondance des molécules organiques trouvées sur la comète […] laissent notamment penser que les ingrédients indispensables à la vie pourraient bien avoir une origine cométaire. Ce résultat seul valait bien le 1,4 milliard d’euros investi dans l’aventure », légitime le quotidien conservateur. Qui se garde bien toutefois de préciser l’origine desdites « molécules organiques » trouvées ou nom sur la comète… Pas de casuistique dans les pages scientifiques du Figaro.

Et pas d’avantage dans les autres journaux français. Place ce matin à la poésie. Comme par exemple dans le journal Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Dans une envolée fleurie, ce confrère trouve que le dernier message envoyé par la sonde Rosetta aura été « plus que scientifique », il aura été « romanesque ». Et ce quotidien régional de l’est de la France a beau jeu d’assimiler cette fin d’odyssée à de la « science-fiction », dont il se plait à imaginer les personnages. En proposant à ses lecteurs un détour par Hollywood : le « facétieux Philae bloqué sur sa comète une patte en l’air, antennes dans la glace » ; le « vaisseau-mère Rosetta, désolé du silence de son rejeton avant de le rejoindre ». Pour une fois… Un peu de lyrisme dans la presse française, c’est consensuel. Par les temps qui courent, ça ne se rate pas.

Norbert Navarro / rfi.fr

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