mardi 22 septembre 2020
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Deux sources de revenus pour les banques commerciales de la CEMAC

Deux sources de revenus pour les banques commerciales de la CEMAC

Deux importantes sources de revenus pour les banques commerciales de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) sont en difficulté, du fait de la baisse des prix du pétrole sur le marché mondial. Il s’agit des émissions de titres publics et des opérations de financement extérieur.

Débutée timidement en 2011 avec un volume total d’émissions de bons et obligations du Trésor de seulement 51,6 milliards FCFA, l’adjudication est devenue un mécanisme usuel des Etats membres de la sous-région pour mobiliser des ressources financières. En 2019, les sommes brutes levées sur ce marché monétaire ont atteint le niveau record de 2846,2 milliards FCFA.

Depuis la première initiative menée par le Cameroun, c’est un total de 7313,7 milliards FCFA que les banques commerciales ont servi aux pays de la CEMAC. Ce service a un prix ; ce sont les intérêts qui y sont attachés et que les banques perçoivent comme rémunération de leurs soutiens aux Etats.

L’indicateur principal qui permet d’évaluer ce coût des ressources est le taux moyen pondéré qui intègre celui des bons du Trésor et celui des obligations. Il est passé selon la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) de 3,7% en 2016 à 5,17% à fin 2019.

Si on applique ce dernier taux au total des émissions de 2019, cela fait une cagnotte moyenne de 162,22 milliards FCFA de revenus servis majoritairement aux banques commerciales de la sous-région, qui représente 98,1% de la masse des investisseurs de ce segment. Pour encourager les banques à participer, les pays ont accepté que ces revenus ne soient pas frappés d’impôts.

Par ailleurs, le Covid-19 et la baisse subséquente des prix du pétrole font peser sur les gouvernements de la CEMAC la probabilité forte d’une baisse des revenus budgétaires. Dans cette situation, le déséquilibre sur les finances publiques fera grimper le risque Etat et le remboursement des emprunts pourrait être mis à rude épreuve.

La BEAC a accordé un moratoire sur la dette que lui doivent ses Etats membres, offrant ainsi une trésorerie supplémentaire de 2770 milliards FCFA. Cela pourrait limiter l’appétit des banques pour le marché local des capitaux, si ces ressources sont réaffectées de manière appropriée.

Concernant le financement du commerce extérieur, le risque majeur est celui d’une nouvelle dégradation des prix du pétrole, et des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement internationale. Même pour des économies diversifiées comme le Cameroun, les revenus d’exportation risquent de chuter, car le pétrole y a représenté 22,7% des exportations (entre 2015 et 2019), selon Fitch Ratings, et les autres produits sont dans des chaînes de consommation interrompues du fait des mesures de confinement en application dans plusieurs pays qui les achètent.

Dans ce contexte, les réserves de change qui ont été difficilement reconstituées pourraient à nouveau se réduire. La BEAC dans son dernier rapport de politique monétaire a anticipé sur une possible baisse des crédits à l’économie, source de revenus d’intérêt pour les banques. Or le financement du commerce extérieur constitue une part importante de ce pan d’activité des banques commerciales de la sous-région.

agenceecofin

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