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Développement du commerce africain : «La route du coton» pour booster le commerce régional

Développement du commerce africain : «La route du coton» pour booster le commerce régional

Les échanges que la commercialisation pourrait engendrer entre les pays producteurs de coton du C4 contribueront à réduire les coûts et le temps liés aux transports routiers et ferroviaires

Bamako a abrité en octobre dernier, la réunion de la coordination ministérielle sur l’initiative sectorielle en faveur du coton, sous l’égide du Secrétaire général du ministère du Commerce Sidi Mohamed Ag Ichrach.

Cette rencontre a été un cadre d’échanges et de concertations des experts des pays dits du C4 (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad) aux cours desquels plusieurs documents ont été examinés dans le seul but de permettre aux producteurs de coton de «gagner la part équitable qui leur revient dans les échanges mondiaux de coton».

Parmi ces documents, on peut citer, entre autres, « le projet de déclaration ministérielle sur le coton » et la proposition des TDR de C4 : promouvoir la route du coton. La route du coton ? C’est un projet des pays du C4 qui s’inspire de 2 projets ayant déjà connu un franc succès et qui servent de référence en matière de mise en œuvre de l’aide pour le commerce à savoir le «grand Mékong» en Asie et le «Corridor Nord-Sud » en Afrique australe et orientale. A l’instar du «Corridor Nord-Sud», le projet «La route du coton» vise la mise en place d’infrastructures durables, d’une part et la réduction substantielle du temps et des coûts liés aux transports routiers et/ou ferroviaires entre les pays du C4, d’autre part.

Il s’articule autour de 2 principales composantes : le volet infrastructure liée au commerce et le volet renforcement des capacités productives. Le volet infrastructure liée au commerce intègre 3 sous volets relatifs à la transformation du coton et à l’acheminement des exportations des pays couverts par le port de Cotonou. En plus de la réforme et de la mise à niveau du port de Cotonou, ce volet s’appuie sur l’axe ferroviaire existant dans le cadre de l’Organisation commune Bénin-Niger.

Il s’agit de la construction d’un chemin de fer Cotonou-Niamey avec un prolongement côté Ouest sur Bamako et Ouagadougou et côté Est sur N’Djamena. Quant au volet renforcement des capacités productives, il se fera par l’amélioration de la production et la diversification de la production agricole, entre autres.

La pertinence du projet «La route du coton» est d’autant plus indéniable que le coton africain, quoique considéré comme l’or blanc pour ces pays, souffre sur le marché international.

A cause par exemple des soutiens internes à leurs producteurs et des subventions à l’exportation, dont certains pays occidentaux se rendent coupables. Ces dérogations aux règles du commerce mondial distordent le marché du coton, créant par voies de conséquence la paupérisation des millions de populations productrices du coton dans les pays les moins avancés (PMA) comme ceux du C4.

Ces derniers pays pour lesquels le coton joue un rôle important dans le développement, pourraient se frotter les mains après la réalisation de ce programme qui en plus de sous-volets relatifs à la transformation du coton, permettra également l’acheminement des exportations (coton et autres spéculations) par le Port de Cotonou. En Afrique, en particulier dans les PMA sans littoral, le coût de l’activité commerciale est très élevé «du fait notamment des prix des transports intérieurs», révèle un document signé par le C4.

Or, ajoute la même source, des 5 pays couverts par le projet à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad, 4 sont des PMA sans littoral. Seul, le Bénin qui est considéré également comme un PMA dispose cependant d’une façade maritime». Si bien que la mise en œuvre de ce projet de route entrainerait un accroissement substantiel des flux de marchandises transitant par ce port qui devra aussi être mis à niveau pour faire face à toutes les sollicitations.

Il s’agira de rendre le port de Cotonou plus opérationnel. D’une portée considérable et plus large que le domaine spécifique du coton, le projet «La route du coton» offrira, de manière générale, de grandes opportunités de commerce entre le Benin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad.

Toutefois, son objectif n’est pas de remplacer les projets d’intégration régionale existants dans le cadre de l’UEMOA, de la CEDEAO et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), mais de les «compléter harmonieusement».

En plus d’être un facteur d’intégration sous régionale au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO, «La route du coton» pourrait, selon les spécialistes, «constituer un trait d’union entre deux ensembles économiques régionaux» compte tenu du fait qu’elle couvrira les membres du C4 qui appartiennent aussi bien à l’UEMOA/CEDEAO qu’à la CEMAC.

K. DIAKITE
malijet.com

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