lundi 27 mai 2019
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Développement et fracture numériques en Afrique

Développement et fracture numériques en Afrique

Dans l’édition 2019 du rapport DigiWorld Yearbook Africa, un constat : le rôle du numérique dans le développement économique de l’Afrique ces dernières années est incontestable, mais son impact sur la création d’emplois est moins importante que ce qui était attendu.

Les experts de l’Idate DigiWorld, le groupe de réflexion européen spécialisé dans le numérique ont désormais une conviction : le numérique occupe une place importante dans le développement économique de l’Afrique, même s’il ne s’accompagne pas encore de la création de beaucoup d’emplois, selon Jacques Moulin, directeur général de l’Idate DigiWorld.

« Nous restons optimistes quant au levier que représente le digital pour le continent africain, mais on constate que le numérique peut tarder à créer les emplois auxquels il prétend. La révolution numérique suppose la création d’un nouveau type d’organisation du travail. Lorsque l’on dit création de nouveaux emplois, ça veut dire mettre en place un programme, mais avec de la méthode et surtout avec de la rapidité, pour faire en sorte que des investissements publics et privés viennent accompagner la mise en place, certes des infrastructures, mais aussi le volet de l’éducation. Cela suppose d’avoir donc une réflexion sur les réglementations en cours. Parce que si les réglementations ne bougent pas et si l’on reste parfois – pour certains États africains – sur une logique administrative réglementaire de l’ancienne industrie, le numérique risque effectivement de se heurter à, non pas un plafond de verre, mais à un plafond de règles du jeu qui ne sont pas adaptées à cette évolution numérique. »

La fracture numérique reste importante à l’intérieur de chaque pays africain

On parle beaucoup aujourd’hui de la créativité africaine en matière numérique. Mais les nouveautés sont souvent isolées et locales, c’est ce que l’on appelle une fragmentation des initiatives. En ce qui concerne l’accès de tous les pays africains à un internet de qualité, les choses ont positivement évolué ces dernières années, mais le problème de la fracture numérique est encore loin d’être résolu, précise Didier Pouillot, coordonnateur du DigiWorld Yearbook Africa.

« La problématique de la fracture numérique, dès lors qu’aujourd’hui plus de 50% de la population africaine habitent dans des zones rurales, est très prégnante. Et au-delà des réseaux de fibre optique pour l’essentiel, il y a un certain nombre de solutions alternatives aujourd’hui qui commencent à être mises en place, de façon à répondre aux besoins de l’ensemble des populations africaines. C’est le satellite, ce sont des solutions de type wifi, c’est dans les zones urbaines cette fois, de la fibre directe à l’abonné. C’est-à-dire que dans les zones résidentielles nouvelles, on peut aussi déployer de la fibre qui va jusqu’au logement ou au bureau. »

Aujourd’hui, 15 milliards d’euros sont investis chaque année dans les infrastructures des nouvelles technologies en Afrique par l’ensemble des acteurs publics et privés. Et sur 7 euros investis, 1 euro provient du secteur public.

 

Stanislas Ndayishimiye

rfi

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