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Diesel : nouveau rebondissement dans l’affaire Volkswagen

Diesel : nouveau rebondissement dans l’affaire Volkswagen

L’agence américaine de protection de l’environnement accuse Volkswagen d’avoir installé un logiciel truqueur sur des moteurs plus puissants. Le groupe automobile allemand dément.

Le scandale Volkswagen n’a pas encore livré tous ses secrets… Alors que l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a accusé lundi Volkswagen d’avoir installé son logiciel destiné à tromper les tests antipollution sur des moteurs diesel plus puissants que ceux jusqu’ici mis en cause, le constructeur allemand a démenti, dans la soirée, tout logiciel truqueur sur ses moteurs diesel 3 litres V6. « Nous avons des preuves flagrantes des violations », avait néanmoins expliqué une responsable de l’EPA, lors d’une conférence téléphonique.

La nouvelle enquête sur les émissions polluantes de ­véhicules diesel du groupe allemand, cible en effet les moteurs de 3 litres intégrés sur différents modèles de 2014 à 2016. L’EPA cite notamment le Volkswagen Touareg, la Porsche Cayenne, l’Audi A6 Quattro, l’A7 Quattro, l’A8, ou le Q5. Le procédé serait le même que celui ­débusqué le 18 septembre par les autorités améri­caines et concernerait 11 millions de véhicules dans le monde.

Grâce à une programmation maison, le logiciel détecterait lorsqu’il est soumis à une procédure de test et activerait son système de dépollution, qui ne fonctionnerait pas en marche normale. Dans son communiqué, l’EPA souligne que le trucage permet au moteur d’émettre jusqu’à neuf fois plus d’oxydes d’azote (NOx) que les seuils autorisés.

La quasi-totalité de l’offre

En eux-mêmes, les volumes apparaissent a priori modestes, puisque l’enquête porte sur 10.000 voitures vendues aux Etats-Unis depuis 2014. Mais la ­question est notamment de savoir si le logiciel a aussi été intégré sur des modèles vendus en Europe, comme cela est le cas sur le premier volet de l’enquête. Dès lors, il s’agirait de volumes bien plus importants, tant les moteurs 3 litres constituent une offre très courue du constructeur et notamment de ses marques haut de gamme. Au global, avec le premier volet de l’enquête qui concernait des moteurs de 1,2, 1,6 et 2 litres, c’est la quasi-totalité de l’offre de moteurs du groupe Volks­wagen qui pourrait être concernée, même si les générations ne sont pas les mêmes (le premier volet concerne des moteurs vendus entre 2009 et 2014, tandis que le second vise des blocs plus récents).

Cette nouvelle enquête étend aussi le nombre de marques concernées par le scandale. Jusqu’ici, Porsche, qui ne propose pas de moteurs quatre cylindres, échappait au scandale. Mais la marque de Stuttgart se retrouve désormais impliquée. Fâcheux, quand on sait que le patron de Porsche pendant ces années n’est autre que Matthias Müller, nommé le mois dernier à la tête de Volkswagen en remplacement de Martin Winterkorn. Si rien ne prouve que le patron était au courant des trucages, l’affaire pourrait renforcer les suspicions.

Maxime Amiot
lesechos.fr

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