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«Dieselgate» : Audi visé par une nouvelle accusation

«Dieselgate» : Audi visé par une nouvelle accusation

Selon le journal allemand Bild, les autorités américaines ont récemment découvert un nouveau logiciel illégal dans des modèles Audi équipés d’un moteur V6. Du côté de Volkswagen, la justice allemande a décidé de se pencher sur le rôle de l’actuel président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch.

Les mauvaises nouvelles se poursuivent pour Volkswagen. La dernière en date concerne sa filiale Audi. Selon le quotidien allemand Bild, l’autorité californienne de protection de l’environnement, Carb, a découvert cet été un nouveau logiciel de trucage des émissions de Co² dans certains modèles Audi équipés d’un moteur V6 essence ou diesel. Ce logiciel, équipant la boîte de vitesses automatique, permettrait à ces véhicules de détecter, en fonction de l’inclinaison du volant, s’ils roulent sur la route ou sur un banc d’essai à rouleaux, lorsque des contrôles sont effectués sur les gaz d’échappement. Et donc de jouer sur le niveau d’émission.

Concrètement, lorsque le volant ne bouge pas pendant un laps de temps, le logiciel en déduit que la voiture est en train de passer un test. Il minimiserait alors la consommation de carburant et donc les émissions. En revanche, dès que le volant tourne, il en déduit que la voiture roule sur la route et se débranche. Cette fraude informatique concernerait des Audi A6, A8 et Q5.

Le président du conseil de surveillance dans le viseur

La marque allemande, empêtrée dans ce scandale de logiciels truqués depuis septembre 2015, fait aussi face à une nouvelle attaque de la justice allemande. Cette dernière la soupçonne d’avoir informé trop tard, à dessein, les marchés des conséquences et risques financiers liés à l’éclatement du scandale. Volkswagen savait en effet qu’une enquête était menée par les autorités américaines sur cette fraude dès 2014 mais n’a officiellement reconnu les faits, qui concernent 11 millions de véhicules dans le monde, que le 20 septembre 2015. Quelques jours après cette annonce, le titre Volkswagen s’effondrait de plus de 40% en Bourse.

Les investisseurs lui réclament donc 8,2 milliards d’euros de dédommagement. L’enquête ouverte en juin pour soupçons de manipulation de cours visait jusqu’ici l’ancien patron du groupe, Martin Winterkorn, ainsi qu’un deuxième ancien responsable dont le nom n’a pas été dévoilé. Mais hier, le parquet de Brunswick a annoncé qu’il l’élargissait à Hans Dieter Pötsch, actuel président du conseil de surveillance, qui occupait à l’époque le poste de directeur financier. Dans un communiqué, Volkswagen s’est dit convaincu que son directoire «a rempli conformément à la loi ses obligations en matière de communication avec les marchés» et se dit prêt à «coopérer pleinement» avec la justice.

En attendant, les conséquences du «dieselgate» se font durement ressentir pour Volkswagen qui a enregistré en 2015 sa première perte en plus de vingt ans. Le groupe, qui négocie actuellement en Allemagne un «pacte d’avenir» pour améliorer sa rentabilité, a annoncé fin octobre la suppression de plus de 10.000 postes dans le monde. Aux États-Unis, la justice vient d’approuver un plan d’indemnisation de près de 15 milliards de dollars pour solder une partie du litige mais le constructeur reste poursuivi au pénal. En Europe, ce dernier a fait savoir qu’il n’indemniserait pas ses clients alors que 8,5 millions de personnes sont concernées (contre 500.000 aux États-Unis). Au total, Volkswagen estime que le scandale va lui coûter 18 milliards d’euros.

msn

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