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Dix ans après la Logan, le low-cost selon Dacia trace sa route en France

Dix ans après la Logan, le low-cost selon Dacia trace sa route en France

C’est l’histoire d’un constructeur qui n’aurait jamais dû mettre une roue en France, et qui a fini par en transformer le paysage automobile. Dix ans après le lancement de sa Logan dans l’Hexagone, le 9 juin 2005, Dacia peut regarder sereinement dans le rétro. Avec 700.000 véhicules de sept modèles différents vendus sur la période, la filiale roumaine de Renault est tout simplement devenue la cinquième marque sur le marché français.

La Logan ouvre la voie

Lors de son lancement, en 2004, la Logan était pourtant destinée aux pays d’Europe de l’Est. « A l’époque, Renault avait peur d’échouer en lançant la voiture en Europe occidentale, se souvient l’analyste spécialisé dans automobile Bertrand Rakoto. Le groupe pensait que les clients ne voulaient pas négocier leur confort. » Ses dirigeants changeront finalement d’avis devant l’accueil réservé à la Logan dans la presse et l’engouement des consommateurs. Sans jamais le regretter.

Entre 2005 et fin 2014, pas moins de 58.278 exemplaires du véhicule ont ainsi été vendus en France. La voie ouverte, la Sandero (lancée en 2008) et le Duster (en 2010) ont ensuite fait mieux avec respectivement 259.110 et 176.081 véhicules écoulés. Des chiffres impressionnants « pour une marque encore inconnue il y a dix ans », souligne Bertrand Rakoto.

Les Français ne roulent pas des mécaniques

Dacia en France, c’est désormais 5 % de parts de marché, quand la marque doit se contenter en Allemagne d’1,6 %, en Italie de 2,7 %, et en Grande-Bretagne, où elle s’est lancée en 2013, de 0,9 %. De fait, le low-cost automobile est donc une affaire essentiellement française. « Il est évident que l’implantation de Dacia en France est facilitée par la densité du réseau de Renault », tente d’expliquer Frédéric Favre, au nom de Dacia France. Mais à cette « capillarité », Bertrand Rakoto ajoute également une spécificité française. « En France, le véhicule a davantage une fonction de déplacement que de plaisir, analyse-t-il. Chez nos voisins européens, la voiture reste bien plus que chez nous un objet social qui permet d’afficher sa réussite ou sa façon de vivre. »

Face à la crise économique, les Français touchés par une baisse du pouvoir d’achat se sont donc facilement laissés attirer par les prix avantageux du low-cost. Quant aux clients habituels du marché de l’occasion – « la majeure partie des acheteurs » de modèles Dacia, selon Frédéric Favre-, ils se sont tout simplement déplacés vers le neuf sans avoir à dépenser plus. Une aubaine pour tout le monde.

La nouvelle Kwid

Mais tous les feux peuvent-ils pour autant rester éternellement au vert ? Bertrand Rakoto, qui voit dans les dix ans du low-cost l’âge de la maturité, en doute. « Il y aura un phénomène de renouvellement, mais je ne crois pas que le low-cost puisse encore gagner des parts de marché ces prochaines années car le marché est restreint », prédit l’analyste, qui insiste sur la petite mort de la Logan et l’essoufflement de la Sandero.

Du côté de chez Dacia, on veut pourtant croire à une simple évolution. « Désormais, les consommateurs de low-cost cherchent un véhicule peu coûteux mais aussi qui a du look », assure Frédéric Favre. Pour accompagner ces nouveaux besoins, la marque a donc misé gros sur de nouveaux modèles élégants comme le Duster, son véhicule utilitaire sport. Une stratégie de différenciation qu’elle espère payante alors qu’un autre véhicule low-cost, conçu celui-ci en Inde, la Kwid, doit sortir des usines ces prochains mois. Egalement produite par Renault, cette voiture affichera de jolies courbes et un prix encore inférieur aux modèles Dacia. Reste à savoir si cette Kwid, promise là encore aux pays émergents, roulera un jour sur le sol français…

N.Beu.
20minutes.fr

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