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Donald Kaberuka : Une empreinte indélébile à la tête de la BAD

Donald Kaberuka : Une empreinte indélébile à la tête de la BAD

Arrivé à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) en 2005, le Rwandais Donald Kaberuka la quitte en cette année 2015 après 10 ans de présidence. Le Conseil des gouverneurs élira le successeur de Kaberuka, le 28 mai 2015, durant l’Assemblée annuelle de la Banque, qui se tiendra du 25 au 29 mai 2015 à Abidjan. 8 candidats sont déjà en lice pour sa succession. Avant l’élection du prochain président de la BAD, quel bilan peut-on faire de la présidence Kaberuka ?

Ministre des Finances du Rwanda de 1997 à 2005, Donald Kaberuka, 61 ans, est diplômé de l’université de Dar es Salam, en Tanzanie, mais aussi de l’université de Glasgow (Ecosse) d’où il est sorti docteur, spécialiste en finance internationale. De nombreux analystes le présente comme « l’architecte du miracle économique rwandais ».
En effet, ministre des Finances, il a mis en oeuvre de grandes réformes économiques et introduit une gouvernance structurelle, monétaire et fiscale qui a fait le lit du renouveau économique du pays. Ses réformes ont ainsi permis au Rwanda d’obtenir, en avril 2005, l’annulation de la dette au titre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés.

Homme de réformes
Comme président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka s’est évertué à imprimer à l’institution panafricaine une mue qui lui a permis de réorienter dans des proportions considérables sa stratégie en matière de développement et de réduction de la pauvreté en Afrique. De fait, la BAD a mis l’accent sur le développement du secteur privé et sur celui des infrastructures.
En effet, dans le dessein de promouvoir l’intégration régionale, les investissements ont été particulièrement favorisés quant aux routes, chemins de fer, centrales électriques et technologies de communication. Depuis 2005, sous sa houlette, la BAD est devenue la première institution de financement du développement de l’Afrique. Il avait été élu avec le meilleur score jusque-là réalisé (78,82 % des suffrages).
En 2009, en réponse à la crise économique mondiale, la Banque africaine de développement a réussi à atteindre son chiffre record d’approbations de prêts et dons, pour un total de plus de 12,6 milliards de dollars US. C’est donc en toute logique que le magazine Forbes Afrique lui a décerné en décembre dernier son “Lifetime Achievement Award”, un prix d’excellence pour l’ensemble de son oeuvre à la tête de la BAD.

Pragmatique et visionnaire
En août 2013, l’agence de notation américaine Fitch attribue pour sa part la note triple A à l’institution panafricaine, confirmant sa place parmi les rares banques internationales les plus solvables au monde. Par ailleurs, avec un département de recherche désormais mieux structuré et beaucoup plus efficace, la Banque africaine de développement a activement pris part, ces dernières années, au débat sur les questions de développement sur le continent.

Donald Kaberuka a résolument foi en l’Afrique. Il ne le cache pas : « Nous sommes passés d’une Afrique misérabiliste à un continent qui a ses atouts, comme l’Asie et bien d’autres régions. L’Afrique est désormais une zone à investir, une zone où l’amélioration de la gouvernance a ouvert des opportunités. »
S’il est une chose qu’il aura incontestablement réussie lorsqu’il quittera son fauteuil, en main après ses deux quinquennats, c’est d’avoir donné une crédibilité internationale certaine à une banque en perte de vitesse dans les années 1990 et renforcé sa visibilité sur le terrain. Désormais, une question incontournable se pose : quelle sera la prochaine étape du parcours de cet homme pétri d’expérience et de talents ?

Aimé Franck BATIONO
Pour Eco d’Afrik

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