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Draghi plus fort que Yellen !

Draghi plus fort que Yellen !

Les propos accommodants du patron de la BCE ont pris le pas sur la volonté de la Fed de réduire prochainement la taille de son bilan. Le Cac 40, qui évoluait dans le rouge en première partie de séance, termine en hausse de 0,58 % à 5.121,44 points. Les foncières sont entourées.

Entre la Fed qui souffle le froid et la BCE qui souffle le chaud, les investisseurs ont hésité sur la marche à suivre ce jeudi. Finalement, ils ont opté pour la hausse. A la clôture, le Cac 40 gagne 0,58 %, à 5.121,44 points, dans un volume de transactions de 3,15 milliards d’euros. A Londres, le Footsie cède 0,39 % et le Dax de la Bourse de Francfort 0,11 %. Outre-Atlantique, le Dow Jones, le Nasdaq Composite et le S&P 500 prennent tous trois 0,3 %.

La Fed prête à s’attaquer à la taille de son bilan

A Paris, la séance se décompose très clairement en deux. Une première partie de journée baissière, et la seconde haussière. A l’origine du repli initial : les minutes de la Réserve fédérale américaine publiées mercredi soir. Elles montrent que l’institution monétaire présidée par Janet Yellen a évoqué le mois dernier la possibilité d’une réduction de son bilan avant la fin de l’année. La plupart des participants à la réunion des 14 et 15 mars dernier ont en effet estimé qu’« un changement dans la politique de réinvestissement du comité serait vraisemblablement approprié plus tard dans l’année. »

Autrement dit, la Fed pourrait cesser prochainement de réinvestir le produit des titres qu’elle détient lorsqu’ils arrivent à échéance, une première étape dans la réduction de son bilan, qui atteint actuellement quelque 4.500 milliards de dollars, soit 4.200 milliards d’euros. Cette diminution s’entend « à condition que l’économie continue d’évoluer plus ou moins comme attendu », précise toutefois la Fed dans son compte-rendu. « Par le passé, comme en 2000, Wall Street n’a jamais apprécié ces reprises de liquidités de la banque centrale, rappellent Christian Parisot et Jean-Louis Mourier d’Aurel-BGC. Quelques nuages sont apparus sur l’optimisme de Wall Street ces dernières semaines. »
En Europe, c’est un tout autre son de cloche.

Le numéro un de la Banque centrale, Mario Draghi, et le chef économiste de l’institution, Peter Praet, ont indiqué, en milieu de journée, qu’il n’y avait pour l’heure aucune raison de dévier de la trajectoire monétaire ultra-accommodante, ce qui a permis au Cac 40 s’accélérer la cadence. Sur le marché des changes, l’euro est tombé à un plus bas depuis la mi-mars face au dollar, à 1,0629, avant de redresser la tête à 1,0650 dollar en fin de session européenne.

Rencontre sino-américaine
Aux considérations monétaires s’ajoutent des considérations politiques. Le président chinois Xi Jinping est reçu jeudi et vendredi dans la villa floridienne de Mar-o-Lago de son homologue américain Donald Trump. Une rencontre cruciale pour l’avenir des relations diplomatiques et commerciales entre les deux puissances. Le locataire de la Maison-Blanche a prévenu, il y a une semaine, que cette entrevue risquait d’être « très difficile ». « Les attentes sont si basses que tout ce qui n’apparaîtra pas comme un désastre sur le plan des relations publiques sera bien accueilli », ironise Chris Beauchamp, chef stratégiste marché chez IG. En outre, les inquiétudes sur la capacité de l’administration Trump à mettre en œuvre ses mesures fiscales, après l’échec de la refonte du système de santé d’Obama, ont été ravivées par les déclarations du président de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, qui a averti que la réforme prendrait plus de temps encore que celle de la santé.

Côté valeurs, les financières, qui figurent parmi les premières victimes de l’environnement de taux bas, ont fini en ordre dispersé après les déclarations des responsables de la BCE. A l’inverse, les foncières comme Unibail-Rodamco, Klépierre et Gecina en ont profité.
Les pétrolières et parapétrolières sont également en hausse alors que le baril de Brent de la mer du Nord remonte légèrement à 54,72 dollars, après un pic tout proche de 55 dollars.

Parmi les notes d’analystes, Barclays dégrade sa recommandation sur le réassureur Scor de « pondération en ligne » à « sous-pondérer », avec un objectif de cours de 32,90 euros, et Exane BNP Paribas relève la foncière Mercialys de « sous-performer » à « neutre ». Enfin, LVMH a inscrit un nouveau record à 207,70 euros grâce à Berenberg, qui remonte son cours cible de 180 euros à 200 euros.

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