Accueil / Auto & Transports / Du sang neuf à la direction de la SNCF

Du sang neuf à la direction de la SNCF

Du sang neuf à la direction de la SNCF

Mathias Vicherat, directeur de cabinet d’Anne Hidalgo à la Mairie de Paris, est chargé du futur projet d’entreprise.

Interruption mardi du RER B, panne électrique le lendemain gare du Nord (lire ci-dessus)… Nul doute que Mathias Vicherat, le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo à la Mairie de Paris, a suivi avec attention les défaillances spectaculaires du réseau ferroviaire francilien ces derniers jours. Et pas seulement parce qu’elles ont affecté les habitants de la capitale : confirmant une rumeur qui circulait depuis deux mois, la SNCF a annoncé mercredi dans un communiqué que Mathias Vicherat rejoindrait début janvier la direction du groupe public « dans le poste nouvellement créé de directeur général adjoint en charge du projet d’entreprise et de la communication ».

Il va remplacer l’actuel directeur de la communication, Christophe Fanichet (qui devrait retrouver début 2017 une fonction opérationnelle au sein du groupe), mais avec un périmètre sensiblement élargi. Il y ajoutera notamment une « fonction de porte-parole », ce qui est inédit dans le groupe, en tout cas dans les années récentes.

Jusqu’à maintenant, c’est Guillaume Pepy, le président du directoire, qui assumait de facto ce rôle, porté par son aisance devant les micros et les caméras. Mais le patron du groupe, qui croule sous les demandes du fait de l’actualité foisonnante (et pas toujours sollicitée) du groupe, a sans doute ressenti la nécessité de partager ce fardeau.

Néophyte dans le ferroviaire

Surtout, outre la communication interne et externe, Mathias Vicherat aura pour mission de « consolider, formaliser et exprimer les ambitions stratégiques de SNCF dans un nouveau projet d’entreprise », c’est-à-dire de dessiner la feuille de route du groupe pour les années à venir. Un rôle stratégique, que Guillaume Pepy n’a pas hésité à confier à un néophyte en matière de ferroviaire. Agé de trente-huit ans, énarque (promotion Senghor 2004, la même qu’Emmanuel Macron), Mathias Vicherat a jusqu’à présent occupé des postes dans le corps préfectoral (notamment en Seine-Saint-Denis) et à la Direction générale de la Police nationale, avant de devenir en 2012 directeur de cabinet de Bertrand Delanoë, puis d’Anne Hidalgo.

Il lui faudra donc se faire accepter par la communauté cheminote, ce qui n’est pas acquis dans un univers à très forte culture interne. Mais Guillaume Pepy pense manifestement qu’il faut des regards neufs pour transformer le groupe. Ses dernières nominations au comité exécutif (Benoît Tiers, en provenance de CMA CGM pour piloter la transformation digitale, Franck Lacroix, venu de Dalkia à la direction des trains régionaux…) en témoignent.

Avec sa fonction de porte-parole, Mathias Vicherat devrait vite devenir une figure familière du grand public. Et la préparation du « nouveau projet d’entreprise » va lui permettre de prendre la mesure de ce groupe de quelque 250.000 salariés. De quoi en faire un successeur potentiel du patron ? Pas à court terme, en cas d’alternance en 2017, en tout cas, ses sympathies étant clairement à gauche. Mais le scénario est crédible d’ici à plusieurs années, et la rumeur interne devrait sans doute le nourrir, ajoutant un nom supplémentaire aux postulants déclarés ou présumés pour le poste.

Lionel Steinmann, Les Echos

Aller en haut