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e Soudan a produit 100 tonnes d’or en 2017, pour (seulement) 400 millions de dollars

e Soudan a produit 100 tonnes d’or en 2017, pour (seulement) 400 millions de dollars

Au cours de l’année dernière 2017, le Soudan a produit plus de 100 tonnes d’or au total. Le département soudanais de tutelle a indiqué que cette production équivalait à un montant de 400 millions de dollars. Très loin des plus de 4 milliards que vaudrait cette quantité sur le marché si elle répondait aux standards internationaux.

La production aurifère du Soudan a atteint les 100 tonnes au cours de l’année 2017. C’est ce qu’a annoncé le ministère soudanais en charge des minerais, le mercredi 3 janvier 2018. Hashim Ali Salem ne s’est pas empêché de s’en féliciter. « Au cours de l’année dernière, nous avons produit plus de 100 tonnes d’or pour une valeur d’environ 400 millions de dollars, ce qui équivaut aux revenus pétroliers du pays avant la séparation d’avec le Soudan du Sud », a-t-il indiqué. Pourtant, si l’on considère les cours actuels du métal jaune, une production de 100 tonnes aux standards internationaux afficherait une valeur dépassant les 4 milliards de dollars. L’explication de cet énorme décalage tient vraisemblablement à la nature de la production, à sa faible qualité et à la contrebande.

Selon le responsable, la production globale du Soudan en 2017 est à répartir entre le secteur minier traditionnel à qui il impute 80% de la production, soit 80 tonnes au total et les petites et les grandes sociétés minières qui ont produit le reste, soit 20% de la production nationale.

Il s’agit d’une performance prévisible au vu des chiffres enregistrés ces derniers mois. Début décembre dernier, le ministre Hashim Ali Salem lors d’une interview à la presse locale, avait déclaré qu’au cours des 11 premiers mois de l’année 2017, le Soudan avait produit 95,1 tonnes d’or, soit 1,7 tonne de plus que la production à la même période en 2016. Un peu plus tôt au cours de l’année, en octobre 2017, le responsable gouvernemental avait aussi indiqué dans un communiqué de son département, que de janvier à septembre 2017, son pays a produit pas moins de 74,6 tonnes d’or. « Les sociétés minières traditionnelles ont produit 63,2 tonnes ; les petites sociétés minières ont produit 0,2 tonne et les grandes sociétés minières ont produit 11,2 tonnes », a-t-il énoncé dans sa déclaration. Cette production est cependant toujours en deçà des attentes du pays.

150 tonnes d’or visées

Avec la sécession qui a vu naître l’Etat du Soudan du sud, le Soudan a perdu les trois quarts de ses revenus pétroliers et doit trouver le plus rapidement possible un palliatif. Ainsi les autorités comptent faire de l’or, l’une des principales sources de recettes pour le pays. Ministre soudanais des ressources minières d’alors, Kamal Abdel-Latif avait annoncé en février 2013, à l’occasion d’une cérémonie d’inauguration de la mine d’or de Qbgbi dans l’Etat du Nile River, que le pays prévoyait atteindre une production annuelle de 150 tonnes d’or, soit une production d’une valeur de 8 milliards de dollars par an.

Le pays visait aussi la troisième place de producteur d’or en Afrique. Une place qu’elle a réussi à arracher en mai 2017 au Mali. Dans son nouveau rapport sur les perspectives du marché des matières premières, la Banque mondiale avait indiqué que le Soudan était devenu le nouveau troisième producteur d’or d’Afrique avec 82 tonnes (contre 53 tonnes pour le Mali) après l’Afrique du sud et le Ghana.

En effet, le Soudan aurait peut-être pu mieux faire s’il ne devrait pas faire face au problème de contrebande, omniprésente dans son secteur aurifère. Dans son récent communiqué, Hashim Ali Salem a souligné qu’il travaille actuellement à « lever les éléments qui font encore obstacle aux investissements dans le secteur des mines d’or, et à lutter contre la contrebande d’or ». Le responsable a aussi appelé les organes de sécurité concernés à déployer davantage d’efforts pour empêcher ce phénomène et a réaffirmé son intention d’effectuer le suivi des concessions accordées aux sociétés ainsi que de leur production d’autres minerais.

Sylvain Vidzraku
la tribune afrique

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