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E-sport : des clubs et des joueurs de plus en plus « pros »

E-sport : des clubs et des joueurs de plus en plus « pros »

En France, plusieurs équipes ont vu le jour ces dernières années. Comme dans le foot, les meilleurs joueurs sont très convoités.

Il est encore un peu tôt pour parler d’« e-sport business ». Mais le secteur ne cesse de gagner en professionnalisme en France, où de nombreux clubs ont émergé ces dernières années. Derrière Millenium (groupe Webedia) et Vitality, qui sont les figures de proue, on retrouve aussi les équipes LDLC (qui vend par ailleurs du matériel informatique), WySix ou encore Supremacy. Toutes présentent une équipe de quatre joueurs lors du ESWC, se déroulant à Paris ce week-end , dans le cadre de la Call of Duty World League. La quasi intégralité des revenus de ces clubs est générée via des partenariats .

« On est de plus en plus sollicités. En 2015, on a réalisé un chiffre d’affaires de 600.000 euros et on devrait faire plus du double cette année », confie Nicolas Maurer, cofondateur de Vitality. « Il faut un budget de 150.000 à 200.000 euros par an pour avoir une équipe compétitive sur un jeu comme Call of Duty », estime Stéphan Euthine, responsable de l’équipe LDLC. « Nos dépenses sont constituées aux deux tiers par les salaires des joueurs et le reste part en frais de déplacement pour qu’ils se rendent aux tournois, qui ont lieu partout dans le monde », détaille Rémy Chanson, directeur e-sport de Webedia Gaming.

Un véritable mercato

« En France, les salaires des joueurs professionnels vont du SMIC à 6.000 euros mensuels si l’on intègre tout [le salaire fixe, les gains en tournoi qui reviennent généralement en intégralité aux joueurs, les revenus tirés du streaming, NDLR]. En Europe, ça peut monter à 15.000 euros et les meilleurs mondiaux approchent des 40.000 euros », estime-t-il.

Vide juridique oblige concernant le statut des joueurs professionnels, la grande majorité de ceux exerçant en France sont des prestataires externes avec un statut d’auto-entrepreneurs . Les contrats durent une saison, celle-ci s’étalant de six mois à un an, selon les jeux et le calendrier des tournois. Comme dans le football, il existe un mercato et les joueurs sont susceptibles de changer de maillot durant l’intersaison ou en pleine période de compétition. Ce qui se traduit alors par des rachats de contrats, comparables aux indemnités de transfert que se versent les clubs dans le ballon rond. « En moyenne, c’est quelques centaines d’euros mais cela a déjà dépassé 100.000 euros pour un seul joueur en Corée du Sud », fait valoir Rémy Chanson.

En 2015, le joueur français de référence à Call of Duty, Corentin « Gotaga » Houssein, alias « French Monster », a ainsi fait l’aller-retour entre Vitality et Millenium. Lors du ESWC, il défendra les couleurs de la première, qui misera sur ses quatre joueurs français quand Millenium et LDLC ont, eux, parié sur un effectif 100 % anglo-saxon. Question de compétitivité. « A Call of Duty, les meilleurs équipes européennes sont composées d’Anglais et ce sont les Américains les meilleurs mondiaux», souligne Stéphan Euthine. Ce week-end, gare tout de même à la French Touch.

Nicolas Richaud / Editeur web
lesechos.fr

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