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eBay dégaine les “ventes privées” pour séduire les vendeurs professionnels

eBay dégaine les “ventes privées” pour séduire les vendeurs professionnels

Le site d’e-commerce américain propose depuis mi-mai 2015 à ses vendeurs de mettre en avant des promotions destinées à une liste de clients et limitées dans le temps. Un outil marketing supplémentaire pour se démarquer de ses concurrents.

Comment attirer vendeurs et clients sur sa place de marché en ligne? Un question plus épineuse que jamais à l’heure où le nombre de plateformes de vente en ligne explosent. L’un des plus “vieux” acteurs du marché, eBay, présent en France depuis quinze ans, répond avec une nouvelle offre à destinations des vendeurs professionnels.

Désormais, ces derniers peuvent jouer la carte des “ventes privées”, une formule qui a fait le succès du site de Jacques-Antoine Granjon. “Nous générons un lien hypertexte que les vendeurs professionnels peuvent envoyer aux clients à qui ils souhaitent proposer des offres exclusives”, a expliqué François Bourgoin, directeur en France de la division chargée des vendeurs professionnels, lors d’une discussion avec des journalistes le 26 mai.

Treize à la douzaine

Des promotions du type “treize à la douzaine” ou “10 euros de réduction à partir de 100 euros d’achat” pourront être affichées sur les pages des vendeurs professionnels, quel que soit leur lieu de résidence. Ce nouvel outil, baptisé “Booster de vente” est compris dans le forfait proposé à ces derniers.

Le modèle de la plateforme américaine repose sur un forfait mensuel de 26 euros par mois pour un “emplacement” visible en Europe (cent fois plus pour une annonce étendue au reste du monde). A cela, il faut ajouter une commission allant de 3,9% à 6,5% des ventes. Récemment, le site a également proposé quelques extras, comme un service de traduction – automatisé – des pages, qui, celui-ci devient payant à partir d’un nombre défini de pages à traduire.

Un abonnement à la livraison?

Pour choyer ses vendeurs professionnels, potentiellement attirés par de nouveaux supports en ligne qui leur assurent un flux de visiteurs, le groupe a en outre négocié des contrats avec le transporteur Mondial Relay afin de leur garantir jusqu’à 40% de réduction sur les livraisons.

Des bruits courent actuellement à propos du lancement d’un service type “Amazon prime” en Allemagne et aux Etats-Unis, soit l’abonnement à la livraison en 24 heures. La division française assure quelle ne peut “rien communiquer à ce stade” à ce propos.

Une communication auprès des TPE

En revanche, elle tient bien plus à mettre en avant son implantation régionale auprès des TPE et à se présenter comme un outil d’internationalisation. La division française a par exemple fait réaliser une étude sur la présence en ligne des “petites entreprises” dans l’Hexagone.

La quasi totalité (97%) des “petites” entreprises présentes sur le site auraient déjà vendu au moins un produit hors du territoire selon des chiffres diffusés par eBay. En moyenne, la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad) évalue à 57% le nombre de cybermarchands français, quelle que soit leur taille, qui exportent leurs produits.

Soigner les vendeurs

Attirer ces marques – quelques centaines de milliers en France officiellement – s’avère crucial pour la plateforme en ligne qui a entamé sa séparation juridique avec PayPal, le spécialiste du paiement en ligne (plus de 40% de ses revenus dans le monde en 2013). La plate-forme qui s’était faite connaître par la vente aux enchères entre particuliers réalise désormais 8 ventes sur 10 à prix fixe et le même nombre dans la catégorie “objet neuf”.

Or, d’Auchan à la Fnac, en passant par la plateforme de sites destinés aux jeunes Meltygroup, l’éventail des opérateurs de boutiques virtuelles s’est considérablement élargie en France. Une multiplication des places de marchés en ligne, les opérateurs rivalisent donc d’imagination pour attirer les vendeurs, quelle que soit leur taille.

Près de 4 milliards d’euros en trois mois

Dans un marché dominé par Amazon, ces plateformes ont vu le volume de leurs ventes croître de 66% au premier trimestre en France par rapport à la même période l’an dernier d’après la dernière enquête de la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad).

Désormais un quart du volume d’affaire du commerce en ligne mesuré par cet organisme provient de ces places de marché. Les transactions réalisées sur ces sites représentent donc un montant de 3,8 milliards d’euros entre janvier et mars 2015. Si eBay, coté en Bourse outre-Atlantique, ne divulgue pas ses résultats pour l’Hexagone, le groupe place la France parmi ces cinq premiers marchés – au coude-à-coude avec l’Italie – derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Australie.

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Note méthodologique: Les “petites entreprises” évoquées par eBay renvoient à celles dont le volume brut de marchandises vendues en ligne est supérieur à 9.000 euros par an. Le niveau maximum de recettes pris en compte pour cette enquête réalisée par le cabinet d’avocats Sidley Austin est omis dans le texte de l’étude diffusé par l’enseigne en ligne.

Marina Torre
latribune.fr

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