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Ebola: un premier traitement semble se montrer efficace

Ebola: un premier traitement semble se montrer efficace

Selon l’Inserm, les résultats préliminaires de l’essai clinique sur l’Avigan, réalisé en Guinée, sont positifs.

La recherche médicale est en passe de remporter sa première victoire sur le front de la lutte contre l’épidémie Ebola. L’Inserm a indiqué que l’essai clinique qu’il supervise en Guinée – pays d’où est partie l’épidémie en décembre 2013 –, et qui porte sur le médicament Avigan, a donné de premiers résultats encourageants.

Selon ces données préliminaires, non encore publiées dans une revue scientifique mais communiquées à l’Elysée, les 80 malades ayant reçu cet antiviral développé par une filiale du japonais Fujifilm ont mieux résisté à la maladie, les guérisons se sont accélérées et le nombre de morts a décru. Ce sont ces bonnes nouvelles que le président de l’Inserm, Yves Lévy, et le coordinateur français de la lutte contre Ebola, Jean-François Delfaissy, sont venus apporter en fin de semaine dernière au président guinéen Alpha Condé.

Si ces résultats sont confirmés, l’Avigan deviendrait le premier traitement à l’efficacité établie. Cette molécule, dont le nom scientifique est le favipiravir, a été initialement développée pour lutter contre certaines formes sévères de grippe, un virus qui présente des structures communes avec Ebola.

Près de 9.000 morts

Fujifilm a fait savoir qu’il disposait actuellement de réserves suffisantes pour traiter plus de 20.000 personnes avec ce médicament administré sous forme de comprimés, et donc facile d’utilisation. Deux autres traitements expérimentaux pourraient venir renforcer l’arsenal thérapeutique de la communauté internationale : un second antiviral appelé le brincidofovir, développé par l’américain Chimerix ; et le ZMapp, un cocktail de trois anticorps monoclonaux mis au point par la biotech californienne Mapp Bio.

Ces nouvelles encourageantes ne doivent pas donner à penser que l’épidémie est derrière nous. Comme l’a indiqué le Dr Bruce Aylward, chef des opérations anti-Ebola pour l’OMS, les derniers relevés statistiques ont montré que l’épidémie continuait de gagner du terrain : en Guinée, au Liberia et au Sierra Leone, le nombre de cas est reparti à la hausse fin janvier.

Selon l’OMS, l’épidémie a affecté 22.495 personnes à travers le monde, tuant 8.981 d’entre elles. Tous ces décès, sauf 15, sont survenus dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest.

Yann Verdo
lesechos.fr

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