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Economie de l’UEMOA : Vers un taux de croissance du PIB de 7,2% en 2015

Economie de l’UEMOA : Vers un taux de croissance du  PIB de 7,2% en 2015

Le Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a tenu, le mercredi 4 mars 2015, sa première réunion ordinaire au titre de l’année 2015 dans les locaux du Siège de la BCEAO à Dakar, au Sénégal.

Le Comité a analysé la conjoncture économique, monétaire et financière récente tant au plan international qu’à l’échelle de l’UEMOA, et apprécié les facteurs de risque pouvant peser sur les perspectives de l’Union à moyen terme en matière de stabilité des prix et de croissance économique.
Au plan international, le Comité note la persistance de la fragilité de la reprise économique dans la plupart des pays industrialisés et le ralentissement de la croissance dans les principaux pays émergents. D’après les perspectives économiques du Fonds Monétaire International, le taux de croissance de l’économie mondiale pour 2014 est estimé à 3,3%, soit un niveau identique à celui de 2013. Le Comité relève également la tendance baissière des cours mondiaux de la plupart des matières premières, y compris celles exportées par les pays de l’Union.
Examinant la situation interne de l’Union, le Comité note le maintien d’une activité économique soutenue au quatrième trimestre 2014. Sur l’ensemble de l’année 2014, le produit intérieur brut de l’Union progresserait de 6,6% contre 5,9% en 2013. Cette performance économique est imputable au raffermissement de la production agricole, à la bonne tenue du secteur industriel et des services marchands, grâce notamment au dynamisme de la branche « Bâtiments et Travaux Publics ».

Améliorer la mobilisation des recettes fiscales

En dépit de la fragilité persistante de la reprise économique à l’échelle internationale, les résultats attendus en 2015 en matière de croissance s’annoncent meilleurs à ceux de 2014, dans presque tous les Etats membres de l’Union. A la faveur du dynamisme de la production dans les secteurs tertiaire et secondaire et de la bonne tenue de l’activité attendue dans le secteur agricole, l’Union enregistrerait un taux de croissance de son PIB de 7,2% en 2015. Toutefois, certains facteurs comme la baisse des cours internationaux des matières premières, notamment celles exportées par les pays de l’Union, la dépréciation de l’euro vis-à-vis du dollar et la chute des prix mondiaux du pétrole, pourraient influer sur la réalisation des objectifs de croissance.
Il est donc nécessaire que les Etats poursuivent les efforts de consolidation de la gestion des finances publiques, à travers l’approfondissement des réformes en cours, en particulier en matière de dépenses, la mobilisation des recettes fiscales l’accompagnement du secteur privé pour lui permettre de jouer un rôle accru dans le financement des investissements,… En vue de renforcer la solidité du secteur bancaire de l’Union, les banques devront également porter leur capital social minimum de 5,0 milliards à 10,0 milliards et les établissements financiers de 1,0 milliard à 3,0 milliards, au plus tard le 1er juillet 2017.
Il faut souligner que l’UEMOA a enregistré un taux d’inflation de 0,1% en glissement annuel à fin décembre 2014. Cette évolution est liée au renchérissement des services de distribution d’eau et d’électricité dans certains pays de l’Union, atténué par le repli des prix des produits alimentaires. A l’horizon de 24 mois, le taux d’inflation, en glissement annuel, est projeté à 1,7%, en phase avec l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la Banque Centrale. Les risques pesant à la hausse et à la baisse sur ces projections sont jugés équilibrés.
A l’issue de ces analyses, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidités et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal respectivement à 2,50% et 3,50%, niveaux en vigueur depuis le 16 septembre 2013. Le coefficient des réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union demeure fixé à 5,0%, niveau en vigueur depuis le 16 mars 2012.

Aimé Florentin BATIONO
Pour Ecodafrik

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