Accueil / Développement / Economie numérique et industrie manufacturière, les nouveaux centres d’intérêt de Singapour en Afrique

Economie numérique et industrie manufacturière, les nouveaux centres d’intérêt de Singapour en Afrique

Economie numérique et industrie manufacturière, les nouveaux centres d’intérêt de Singapour en Afrique
Jusqu’ici, la coopération entre Singapour et l’Afrique tournait plus autour du pétrole, du gaz et de l’urbanisation. Prochainement, la Cité-Etat va élargir son champ d’action à travers le Continent et jette son dévolu sur l’économie numérique et l’industrie manufacturière. Le sujet était au cœur de l’Africa Singapore Business Forum qui s’est tenu à Singapour les 28 et 29 août.

Les femmes et hommes d’affaires africains et singapouriens qui ont participé aux deux journées de l’Africa Singapore Business Forum (ASBF) clôturé à Singapour hier, mercredi 29 août, repartent avec une idée précise de la tournure que prendra la coopération bilatérale au cours des prochaines années. « En plus des points chauds traditionnels comme le pétrole et le gaz et les infrastructures urbaines, Enterprise Singapore a identifié l’économie numérique florissante d’Afrique et son industrie manufacturière comme deux nouveaux moteurs de croissance », indique cette agence gouvernementale singapourienne organisatrice de l’événement dans son communiqué.

Secteurs à fort potentiel

Il s’agit donc pour Singapour d’explorer de nouvelles pistes à fort potentiel et de mettre son expertise en valeur. Selon Enterprise Singapore, l’intérêt de Singapour pour l’économie numérique en Afrique est motivé par la croissance rapide d’internet à travers le Contient, laquelle présente encore un énorme potentiel en raison de la croissance démographique attendue dans les prochaines décennies, couplée à la montée de la classe moyenne et l’urbanisation rapide dont, soulignons-le, Singapour est l’un des acteurs.

Pour mémoire, le potentiel du numérique en Afrique fait aujourd’hui l’unanimité au sein des instances internationales comme la Banque mondiale pour qui « l’Afrique est la région du monde qui a le plus à gagner de la révolution numérique ». En avril dernier, l’institution de Bretton Woods réunissait pionniers des nouvelles technologies, dirigeants du secteur public et acteurs du développement. Pour sa part, Singapour s’attend à ce qu’au cours des prochaines années, l’accès aux marchés mondiaux et l’inter-portabilité des paiements soient des besoins grandissants pour les populations africaines en général et les entreprises en particulier. En 2017, son agence gouvernementale a accompagné l’entrée d’une dizaine d’entreprises singapouriennes sur le marché africain du numérique que ce soit dans la e-gouvernance, le e-commerce ou les paiements transfrontaliers et aimerait faire plus.

« L’économie numérique en plein essor en l’Afrique offre de nombreuses opportunités pour les sociétés singapouriennes à la recherche d’une croissance plus forte et d’une diversification des marchés. Nous sommes encouragés à voir nos entreprises locales, y compris les PME, se lancer en Afrique et gagner de la traction là-bas. Nous espérons que beaucoup d’autres pourront s’appuyer sur des plateformes comme la biennale Africa Singapore Business Forum et se connecter avec nos trois bureaux régionaux à Afrique pour susciter des échanges commerciaux et des partenariats encore plus étroits », a déclaré M. Png Cheong Boon, directeur général, Enterprise Singapore.

Accompagner la stratégie d’industrialisation de l’Afrique

Pour ce qui est de l’industrie manufacturière, Singapour entend être un partenaire du Continent dans sa stratégie visant à stimuler ses exportations et faire de l’Afrique, une région qui consomme ce qu’elle produit. La Cité-Etat se voit d’ailleurs, à l’avenir, étoffer son portefeuille entreprises investies dans la manufacture agro-alimentaire en Afrique où des entreprises comme Olam, Toloram, Vega Foods et Wimar s’illustrent déjà. Pour mieux défricher les opportunités et mieux en cerner les contours, Singapour s’appuiera notamment sur ses bureaux régionaux dont le troisième a été ouvert à Nairobi (Kenya) en juin dernier, après ceux d’Accra (Ghana) et Johannesburg (Afrique du Sud).

Singapour

Pour abonder vers une meilleure facilitation des nouveaux échanges à venir, Singapour a signé une convention d’évitement de la double imposition (CDI) avec le Gabon, portant à 135 le nombre de pays africains sur la liste des CDI de Singapour.

Singapour

Lancé en 2010, l’Africa Singapore Business Forum -qui se tient une fois tous les deux ans- promeut le renforcement de la coopération entre Singapour et l’Afrique. L’événement est porté par l’agence gouvernementale Enterprise Singapore qui a, à ce jour, facilité « avec succès » la pénétration en Afrique ces deux dernières années d’environ 50 projets dont 80% émanent de PME, sachant que plus globalement, Singapour compte plus 60 entreprises présentes à travers le Continent et opérant dans plus 40 pays.

ASBF

Ristel Tchounand 

afrique.latribune

Aller en haut