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EDF et Engie se développent « hors réseau » en Afrique

EDF et Engie se développent « hors réseau » en Afrique

Les deux grands énergéticiens français proposent des kits solaires pour les zones non raccordées au réseau.

De même que la téléphonie s’est développée en version mobile sans passer par l’étape du filaire, l’électrification de l’Afrique passera-t-elle par le « off-grid » – le hors réseau ? A côté des grandes installations centralisées (barrages hydroélectriques, fermes solaires ou parcs éoliens) qu’ils peuvent construire, les acteurs français se positionnent sur ce marché. « Le ‘off-grid’ est une manière de s’ancrer dans les territoires et d’être présent sur une classe moyenne naissante, en devenant leur électricien de référence », explique Valérie Levkov, directrice Afrique et Moyen-Orient d’EDF.

Paiement via le mobile

Concrètement, il s’agit de proposer aux ménages qui ne sont pas proches du réseau électrique un « kit solaire » constitué de petits panneaux photovoltaïques et d’une batterie, qui alimentent des équipements (ampoules, radio, téléviseur, ventilateur) à faible consommation. Le système est proposé en location (avec éventuellement la propriété au bout de deux ou trois ans), avec un paiement via le téléphone mobile (Mobile Money). « Les innovations sont moins technologiques que commerciales, dans la capacité à distribuer l’électricité jusqu’au dernier kilomètre et à bien connaître la capacité du client à payer », explique Bruno Bensasson, directeur Afrique d’Engie.

Pour se développer sur ces marchés, EDF comme Engie se sont associés à des start-up. En octobre dernier, Engie a acheté Fenix International, spécialisé sur les installations solaires domestiques en Afrique. Il est notamment présent en Ouganda, avec 140.000 clients, et se développe en Zambie. EDF, de son côté, a créé une coentreprise avec la start-up américaine Off-Grid Electric (OGE), dont elle est actionnaire via son fonds de capital-risque Electranova Capital.

EDF et OGE ont fêté leur 10.000e client en Côte d’Ivoire et viennent d’annoncer leur entrée au Ghana. EDF veut aussi moderniser le business model des activités hors réseau pour ses deux concessions (anciennes) de sociétés d’électrification rurale en Afrique du sud et au Sénégal. Certains équipementiers français se développent aussi sur ce marché, à l’instar de Schneider Electric, qui propose une lampe solaire portative.

Vers des microréseaux

La prochaine étape est la commercialisation de systèmes solaires un peu plus importants auprès des artisans et agriculteurs, et le développement de microréseaux à l’échelle d’un village. « Les microréseaux sont moins matures que les systèmes solaires domestiques, mais nous croyons en une complémentarité entre eux et le réseau national dans chaque pays, estime Bruno Bensasson. Nous avons bon espoir de pouvoir rentabiliser ces solutions et d’en tirer une profitabilité raisonnable. »

Pour l’heure, les électriciens nationaux africains, souvent en monopole, ont d’autres chantiers à mener, laissant la place aux acteurs privés. « En Afrique, toutes les entreprises internationales, même les plus grandes, restent des PME », relativise un industriel. Avec 600 millions d’Africains peu ou pas électrifiés, il y a de fait de la place : l’Agence internationale de l’énergie prévoit une croissance de la demande d’environ 4 % par an ces vingt prochaines années.

Véronique Le Billon
lesechos

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