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EDF lance son augmentation de capital de 4 milliards

EDF lance son augmentation de capital de 4 milliards

L’électricien public a annoncé ce mardi matin que l’appel au marché se fera sur la base de trois actions nouvelles pour 10 actions existantes. Le prix unitaire de souscription a été fixé à 6,35 euros par action nouvelle.

EDF renfloue ses fonds propres. Après avoir obtenu le visa de l’Autorité des marchés financiers (AMF), l’électricien public a annoncé ce mardi matin le lancement de son augmentation de capital « d’un montant d’environ 4 milliards d’euros », selon un communiqué publié ce matin.

L’électricien public a précisé que cet appel au marché, qui comporte une période de négociation des droits préférentiels de souscription octroyée aux actuels actionnaires, se fera sur la base de trois actions nouvelles pour 10 actions existantes. Le prix unitaire de souscription a été fixé à 6,35 euros par action nouvelle, précise encore EDF, soit une décote de 34,5 % par rapport au cours de clôture du titre EDF le 3 mars. L’opération est garantie par les banques, dont quatre coordonnent l’opération : BNP Paribas, Société Générale, HSBC et JP Morgan.

L’Etat, actionnaire à hauteur de 85,6 % d’EDF, a déjà indiqué depuis l’annonce du projet en avril dernier qu’il souscrirait à hauteur de 3 milliards d’euros à l’opération. Il reste donc à trouver 1 milliard d’euros. C’est vers les investisseurs institutionnels qu’EDF se tourne en priorité. Jean-Bernard Lévy et son directeur financier, Xavier Girre, ont déjà fait un road-show en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, mais aussi aux Etats-Unis. Les actionnaires salariés et les petits porteurs, qui représentent aujourd’hui respectivement 1,6 % et 2,9 % du capital, bénéficieront comme les autres de droits préférentiels de souscription, mais ne sont pas la première cible visée par la recapitalisation.

L’électricien traverse une passe difficile

L’opération doit permettre à EDF de sécuriser sa trajectoire financière jusqu’en 2020. L’électricien traverse une passe difficile, même si Jean-Bernard Lévy a rappelé que le groupe qu’il dirige depuis fin 2014 était l’un des rares énergéticiens à n’avoir clos aucun exercice dans le rouge ces dernières années. La forte chute des prix de l’électricité sur le marché de gros (liée notamment à l’essor des énergies renouvelables) est arrivée, fin 2015, au moment de la fin des tarifs réglementés pour une part de sa clientèle (les entreprises et les collectivités).

Le chiffre d’affaires d’EDF, à 71,2 milliards d’euros, a reculé de 5,1 % l’an dernier, et l’excédent brut d’exploitation de 6,7 %, à 16,4 milliards d’euros. Et l’année 2017 promet d’être difficile, le groupe tablant sur un Ebitda autour de 14 milliards d’euros. Le rebond viendra ensuite, estime Jean-Bernard Lévy, qui table sur un excédent brut d’exploitation supérieur à 15,2 milliards d’euros.

Le renforcement des fonds propres (34,4 milliards d’euros fin 2016) est aussi rendu nécessaire par le lourd programme d’investissements prévu par EDF ces prochaines années. Le groupe veut à la fois réaliser son programme de maintenance sur le parc nucléaire français, investir dans les énergies renouvelables et construire des EPR en Grande-Bretagne. Le scénario de la recapitalisation est d’ailleurs né, il y a un an, sur fond de débat interne autour du projet de construction des deux EPR à Hinkley Point (sud-ouest de l’Angleterre) – un projet à 18 milliards de livres. Jugeant périlleux de s’engager dans ce chantier sans avoir sécurisé la trajectoire financière du groupe, son directeur financier, Thomas Piquemal, avait démissionné avec fracas. Un an plus tard, Jean-Bernard Lévy veut donc démontrer que les promesses faites par l’Etat actionnaire sont tenues.

Véronique Le Billon
lesechos.fr

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