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Électricité : le Botswana sur le qui-vive pour réduire les importations

Électricité : le Botswana sur le qui-vive pour réduire les importations

Alors que le pays a connu de vastes coupures de courant en juillet, les autorités annoncent des mesures drastiques pour réduire les importations d’électricité.

Plus de la moitié des besoins en électricité du Botswana sont importés de l’Afrique du Sud et de la Zambie, car le grand mal du Botswana est de ne produire lui-même que 60 % de ses besoins ! Résultat, le 8 juillet dernier, c’est tout le pays qui s’est retrouvé plongé dans le noir, privé d’électricité. Mais bonne nouvelle, selon les autorités, le dernier rapport de la production et de la distribution d’électricité publié vendredi par le Service de la statistique du Botswana indique que le volume d’importation en électricité a connu une baisse de l’ordre de 47,8 % par rapport à la même période de 2016.

Un équilibre fragile entre production et consommation

« L’augmentation dans l’importation d’électricité se justifiait par la baisse de la production », a déclaré la directrice générale du Service de la statistique botswanais, Anna Majelantle. L’autorité a ensuite indiqué que la comparaison entre le volume d’électricité importé entre les trimestres montre une augmentation de 18,7 %, soit une baisse de 35 226 MWH, entre les 189 052 MWH importés au cours du premier trimestre de 2017 et les 224 318 MWH pour la même période de 2016. « L’électricité est importée essentiellement de la Southern African Power Pool – Eskom, Namibia Power Corporation et Electricidade de Mozambique », a déclaré Majelantle.

La production d’électricité au Botswana a commencé en 1985 avec la centrale thermique à charbon de Morupule d’une capacité de production de 132 MWH et, avant cette période, l’essentiel de l’électricité du Botswana était importé de la centrale d’Eskom, en Afrique du Sud.

En 2008, la demande en électricité de l’Afrique du Sud avait excédé sa capacité de distribution, ce qui avait poussé le gouvernement sud-africain à réduire ses exportations d’électricité. En conséquence, le Botswana et toute la région de l’Afrique australe avaient connu d’énormes pénuries d’électricité à cause de la réduction par l’Afrique du Sud de ses exportations d’électricité.

Produire localement l’électricité

Le 8 juillet 2017, le pays a connu une panne totale d’électricité dans la plupart des régions du pays. Le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse les prévisions de croissance économique du Botswana en 2017 et 2018 (à 4,5 % au lieu de 4,8 %) en raison de la demande croissante de réformes pour attirer les investissements dans les secteurs de l’eau et de l’électricité.

Pour parer à cette situation, le gouvernement du Botswana avait pris des mesures alternatives pour approvisionner le pays en électricité, notamment l’augmentation de la production locale. « Une approche agressive est nécessaire. Nous ne pouvons plus compter sur l’approche traditionnelle », a déclaré Stefan Schwarzfischer, PDG de Botswana Power Corporation.

Le gouvernement botswanais, précédemment confronté à de sérieux défis et entravé par de vastes zones encore non électrifiées, a progressé au cours des dernières années, admet le dirigeant. « La technologie n’est pas le problème. Nous avons toute la technologie dont nous avons besoin pour développer [l'énergie dans] l’Afrique australe », a-t-il expliqué, affirmant que le Botswana avait échoué dans le passé en raison de son modèle d’affaires problématique.

Schwarzfischer a également souligné plusieurs projets pilotes impliquant de multiples villages éloignés qui se révèlent « sans utilité » lors de la connexion au réseau national, qui a vu un appel d’offres pour les solutions solaires pilotées dans 20 villages et qui devrait être conclu en 2018. Un village a été réservé pour devenir le premier village vert du Botswana, débarrassant la région de l’utilisation excessive de diesel et l’introduction de l’énergie solaire. D’autres villages ont été identifiés pour être équipés d’énergie solaire pour l’alimentation décentralisée. Le pays a également examiné les possibilités de stockage d’énergie, ainsi que d’autres projets, y compris une centrale solaire de 100 MW.

JOSÉPHINE JOHNSON
lepoint

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