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En Afrique, le faible niveau d’investissement fragilise la croissance

En Afrique, le faible niveau d’investissement fragilise la croissance

« La touche africaine : de la rente à la création de valeur, les nouvelles opportunités africaines », c’était le thème du Forum Afrique 2017 organisé le 3 février 2017 à Paris par le MOCI, le moniteur du commerce international et le CIAN, le Conseil français des investisseurs en Afrique. Un constat, la chute des prix des matières premières depuis 2014-2015 a freiné le dynamisme des économies sur le continent.

La prévision de la croissance moyenne de l’Afrique pour 2016 est de 1,6 %, loin des 5 % que le continent a connus pendant plus de dix ans depuis le début des années 2000. Il y a bien évidemment des disparités parmi les 54 pays africains, souligne Alexandre Vilgrain, le président du CIAN : « Si on retire les pays comme le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Angola, qui ont des croissances très faibles, on voit bien que l’ensemble de ceux qui restent est à 4 % ou 5 %. C’est clair que la baisse drastique des prix des matières premières crée un coup de frein sur les investissements de ces pays. »

Pour consolider le tissu économique, tout pays doit investir chaque année au moins 30 % de son PIB. La plupart des États africains en sont à 20 % à peine. Lamia Marzouki, directrice générale de Casablanca Finance City Authority, précise que le Maroc fait partie des rares exceptions : « Aujourd’hui le taux de l’investissement sur le PIB est supérieur à 30 %. Le Maroc a lancé depuis plus d’une décennie un certain nombre de plans sectoriels : le plan émergence, le plan Maroc vert, le plan pour le développement de l’industrie de la pêche, le plan du tourisme et aujourd’hui on a un certain nombre d’écosystèmes. Donc, il faut clairement une volonté politique forte pour accélérer l’industrialisation de l’Afrique. »

Développer le commerce intra-africain

Selon Alexandre Vilgrain, à côté du taux d’investissement, il y a d’autres secteurs qu’il améliorer : « Le commerce intra-africain est pratiquement inexistant ! C’est un gisement de croissance incroyable. »

Une potentialité inexploitée, mais le réalisme peut amener un opérateur à s’adapter. C’est le cas de la Nouvelle société textile, qui a redémarré les activités de l’usine de Thiès il y a un an et demi (en août 2015), après une interruption de près de 15 ans, comme l’explique Alain Favre. Il en est l’administrateur associé : « On s’est aperçu que l’exportation de fils sur le marché européen et sur le marché maghrébin était très concurrencée notamment par les filatures turques, qui utilisent le coton syrien des bas prix de l’État islamique. On s’est donc orienté vers les échevettes, qui sont très demandées par l’artisanat pour les pagnes tissés. On travaille bien sûr sur le marché local au Sénégal et on a pris des marchés importants sur la Guinée-Bissau, sur la Guinée (Conakry) et sur le Burkina Faso. On est en attente de marchés également avec le Bénin et avec la Côte d’Ivoire. »

L’environnement favorable au commerce intra-africain est aujourd’hui en cours de création, avec notamment le lancement, le 10 juin 2015, de la plus grande zone de libre-échange du continent, qui regroupera 26 des 54 pays du continent.

Stanislas Ndayishimiye
rfi

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