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En devenant un holding, l’ex-Google conserve ses talents

En devenant un holding, l’ex-Google conserve ses talents

Google va devenir un holding, sous le nom d’Alphabet. Alors que les entreprises de la Silicon Valley se livrent à une véritable guerre des talents, la firme de Mountain View en profite pour fidéliser ses cadres.

Sundar Pichai. Ce nom ne vous dit peut-être rien mais retenez-le : à 43 ans, cet ingénieur d’origine indienne vient d’être nommé PDG de Google. Il succède à Larry Page qui prend la direction de la holding Alphabet. Cette structure juridique chapeautera toutes les sociétés créées par l’entreprise à l’origine du moteur de recherche numéro un au monde : Google donc (la recherche en ligne, Gmail, Maps, Youtube, Android) mais aussi Calico (dans les biotechnologies), Nest (dans la domotique), Venture (dans le capital-investissement), etc. Effet collatéral, le groupe garde l’un de ses précieux talents.

Sundar Pichai sera responsable de la plus grosse partie d’Alphabet. Cet ingénieur d’origine indienne est la success-story du géant de l’Internet : entré en 2004 chez Google comme vice-président en charge des produits du groupe, il est nommé senior vice président de Chrome et Apps en 2011, avant de prendre la direction d’Android en 2013. Depuis plusieurs années, déjà, des rumeurs persistantes annonçaient son départ. Il y a un peu plus d’un an, des bruits le disaient partant pour diriger Microsoft, avant que Satya Nadella, un autre Indien, ne soit finalement nommé. Ces dernières semaines, on le disait proche de devenir directeur de produit chez Twitter. Dans la Sillicon Valley, la guerre des talents fait rage. Pour l’inciter à ne pas céder aux sirènes des concurrents, Google lui aurait proposé un salaire de 50 millions de dollars annuels.

Hugo Barra, le précédent

Google ne choisit pas de bichonner ses cadres-dirigeant sans raisons. En 2013, Hugo Barra, alors porte-parole des produits Android du groupe, est débauché par le fabricant de smartphone chinois Xiaomi pour un poste de vice-président. Un coup dur pour la firme de Moutain View : cet informaticien brésilien avait permis une croissance exponentielle du nombre de terminaux mobiles sous Android, de 200 000 à ses débuts en 2010, à 1 milliard au moment de son départ en 2013.

Parmi les ingénieurs, il n’est pas le seul Googler de haut-rang à avoir cédé aux sirènes de l’ailleurs. En mai dernier, l’ingénieur qui était en charge du projet Ara (un smartphone personnalisable) est parti pour diriger le centre d’innovation d’Airbus dans la Sillicon Valley.

« Alphabet » : la cure de jeunesse

La firme de Moutain View et les autres entreprises de la Silicon Valley sont donc prêtes à tout pour ne pas laisser s’échapper leurs talents. D’autant plus que Google vieillit : dans 3 ans, le géant du web fêtera ses 20 ans. Face à des Facebook et Twitter deux fois plus jeunes, Google aurait tort de se reposer sur ses lauriers. « Google n’est pas une entreprise comme les autres et nous n’avons pas l’intention qu’elle le deviennent » affirmaient en 2004 les deux fondateurs, Larry Page et Sergueï Brin. Larry Page reprend aujourd’hui cette citation pour présenter «Alphabet» : preuve que la firme de Moutain View ne veut pas passer pour has-been face à des talents toujours plus courtisés. Un constat confirmé par la nomination de 8 nouveaux PDG à la direction des différentes filiales d’Alphabet.

Samuel Chalom
lesechos.fr

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