jeudi 26 novembre 2020
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En pleine pandémie, Apple franchit la barre des 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière

En pleine pandémie, Apple franchit la barre des 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière

Jamais une entreprise américaine cotée en Bourse n’avait atteint une telle valeur. Apple, premier groupe américain à avoir dépassé le cap des 1 000 milliards de dollars, ne semble pas souffrir de la crise liée au Covid-19. Tout comme une grande partie du secteur technologique.

“Quelle récession ?” demande TechCrunch, légèrement provocateur. Alors que l’économie mondiale ne se remet pas de l’épidémie de Covid-19, Apple est devenu mercredi 19 août la première entreprise américaine à dépasser les 2 000 milliards de capitalisation boursière. L’équivalent du gigantesque plan de relance de l’économie voté par le Congrès des États-Unis au printemps. Le titre de la firme californienne a déjà progressé de 59 % en 2020, ajoute TechCrunch.

Le prix de l’action a franchi les 467,77 dollars juste avant 11 heures du matin à New York, permettant à Apple de rejoindre le géant saoudien du pétrole Aramco dans le club très restreint des (deux) entreprises valant 2 000 milliards, précise Fox Business. Le cours de l’action a toutefois baissé en fin de journée, laissant la marque à la pomme juste au-dessous de ce “jalon” historique, à 1 980 milliards de dollars.

Des chiffres d’autant plus spectaculaires que, comme le rappelle le New York Times, il a fallu à Apple quarante-deux ans pour atteindre une capitalisation de 1 000 milliards de dollars. C’était le 2 août 2018. Le fabricant de l’iPhone a donc doublé de valeur en deux ans. Et même moins de temps que cela, insiste le Times, puisque c’est au cours des vingt et une dernières semaines qu’Apple a ajouté 1 000 milliards de dollars à sa valeur.

“Même si l’étape est largement symbolique”, note CNBC“elle souligne la réussite du PDG, Tim Cook, qui a changé la perception de sa société”. Pour la chaîne info, les investisseurs voient désormais Apple comme un spécialiste des logiciels plutôt qu’un fabricant de hardware type ordinateurs ou téléphones. Les Apple Store ont d’ailleurs dû fermer provisoirement avec la pandémie.

Car l’entreprise “n’a rien proposé de très nouveau ces deux dernières années”, remarque le New York Times. Elle ne dépend plus “d’inventions révolutionnaires” pour engranger du profit. “M. Cook a construit une chaîne logistique sophistiquée pour produire des milliards d’appareils […] et s’appuie sur une ligne de produits conçus pour enfermer les consommateurs dans son propre écosystème. Ils achètent de nouveaux gadgets régulièrement et paient une somme mensuelle pour utiliser les services digitaux d’Apple”, résume le quotidien.

Le “club des 2 000 milliards” va s’agrandi

La stratégie de Tim Cook ne suffit pas à expliquer l’excitation de Wall Street dans un monde touché par le coronavirus. “Puisqu’ils ne pouvaient pas dépenser d’argent pour des dîners en ville ou pour partir en vacances, les consommateurs qui ont gardé leur emploi se sont rabattus sur des gadgets numériques”, estime Ars Technica.

Pour le Wall Street Journal, le contexte actuel a “créé un gouffre entre l’industrie de la tech et d’autres secteurs, de l’énergie au tourisme, qui ont vu le coronavirus réduire la demande et alimenter une vague de faillites”. La technologie étant perçue par les investisseurs comme l’un des rares secteurs à la croissance garantie dans les mois qui viennent, la pandémie n’a fait qu’accentuer un mouvement déjà en cours.

“De nombreuses entreprises du secteur technologique profitent d’un fort rebond sur les marchés après avoir subi des baisses nettes juste après les restrictions liées au Covid-19 aux États-Unis et à l’étranger”, observe TechCrunch. Il y a trois ans, Amazon, Google, Microsoft, Facebook et Apple pesaient 3 000 milliards de dollars en cumulé, indique le site. Aujourd’hui, la valeur de Microsoft et Apple dépasse les 3 500 milliards. Le WSJ s’attend donc à voir le “club des 2 000 milliards” s’agrandir.

Mais Apple n’arrivera pas aussi facilement à 3 000 milliards, prévient Fortune. Comment vendre des smartphones à 1 000 dollars à des dizaines de millions d’Américains confrontés au chômage ? La firme de Cupertino aura-t-elle des innovations à proposer en matière de services ? interroge le magazine.

L’autre obstacle concerne les régulations que pourrait imposer Washington au poids écrasant de la Silicon Valley dans l’économie. Tim Cook et d’autres grands noms de la tech ont par exemple été auditionnés par le Congrès américain il y a un mois, souligne Ars Technica.

Sans parler de ce que The Verge qualifie de “plus grand défi juridique de son histoire”. Epic Games, le studio de jeux vidéo à l’origine du phénomène Fortnite, attaque Apple en justice pour protester contre les 30 % retenus par le géant de la Silicon Valley sur les transactions effectuées via son App Store.

courrierinternational

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