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Entre dollar, « zollar », « bollar » et bitcoin, le Zimbabwe se cherche un avenir monétaire

Entre dollar, « zollar », « bollar » et bitcoin, le Zimbabwe se cherche un avenir monétaire

Le pays, qui n’a plus de monnaie, a lancé des avatars du dollar mais sans restaurer la confiance ni brider l’inflation.

Le coup d’Etat militaire au Zimbabwe porte un nouveau coup à un système de change bancal, rongé par l’inflation et comportant plusieurs monnaies. Ce pays « a fait l’expérience, ces vingt dernières années, d’à peu près toutes les configurations monétaires possibles : hyperinflation, déflation, démonétisation, remonétisation, panique bancaire, introduction de nouvelle monnaie, arrimage au dollar… », commente sur son blog John Paul Koning, chercheur canadien spécialiste des monnaies. Ces échecs ont miné la confiance dans le gouvernement et incité ceux qui le peuvent à se tourner vers d’autres moyens de paiement (dollar, rand sud-africain, euro, renminbi…) et d’épargne (or, immobilier, voitures, bitcoin).

Entre mars 2007 et novembre 2008, le pays a connu la deuxième plus forte inflation de l’histoire, selon Steve Hanke chercheur au Cato Institute. Les prix doublaient pratiquement toutes les 24 heures. Cette hyperinflation entraîna la disparition de la devise du Zimbabwe et la dollarisation du pays. Le billet vert s’est imposé comme monnaie de référence, avec le rand sud-africain. Aujourd’hui l’inflation annuelle est de 243 %, ce qui place le pays au troisième rang mondial derrière le Venezuela et le Soudan.

Intérêt pour le bitcoin

Entre mars 2007 et novembre 2008, le pays a connu la deuxième plus forte inflation de l’histoire, selon Steve Hanke chercheur au Cato Institute. Les prix doublaient pratiquement toutes les 24 heures. Cette hyperinflation entraîna la disparition de la devise du Zimbabwe et la dollarisation du pays. Le billet vert s’est imposé comme monnaie de référence, avec le rand sud-africain. Aujourd’hui l’inflation annuelle est de 243 %, ce qui place le pays au troisième rang mondial derrière le Venezuela et le Soudan.

Intérêt pour le bitcoin

Le pays veut casser le marché noir des devises en condamnant leurs traders à 10 ans d’emprisonnement, un moyen de tenter de reprendre la main sur sa masse monétaire. Les particuliers qui dénonceront ces changeurs illégaux recevront 5 % du montant récupéré.

Comme au Venezuela , plusieurs devises ont été lancées et adossées au billet vert. Le « zollar » est un dollar électronique déposé dans les comptes bancaires mais dont les retraits sont limités. En effet, le pays ne donnant aucune indication sur ses réserves de changes, son matelas de sécurité financier, il est suspecté d’être en état de faillite et de manquer cruellement de dollars.

Il a aussi émis fin 2016 une troisième monnaie, des « bollars », des « billets d’obligations », indexés sur le dollar et adossés à un prêt de 200 millions de dollars de la Afreximbank, la banque africaine d’imports-exports. Ils étaient censés être échangés à un taux de 1 pour 1 avec le billet vert mais ils ont déjà perdu 40 % de leur valeur.

Nessim Aït-Kacimi
lesechos

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