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Entrée en Bourse réussie pour Farfetch, pépite du luxe digital

Entrée en Bourse réussie pour Farfetch, pépite du luxe digital

Le site britannique de mode haut de gamme a bondi de 42 % vendredi à Wall Street valorisant le groupe à 7 milliards de dollars.

Wall Street a réservé un excellent accueil au site digital de mode haut de gamme Farfetch. Le titre du groupe britannique de luxe, créé il y a dix ans par le portugais José Neves, a clôturé vendredi jour de son introduction à la Bourse de New York à 28,45 dollars. Un gain de 42,25 % par rapport au prix d’introduction et qui valorise Farfetch 7 milliards de dollars (5,97 milliards d’euros), dépassant ainsi largement les objectifs de valorisation de 5 milliards de dollars de l’entreprise .

L’intérêt des investisseurs était connu avant même l’ouverture du marché à en juger par la décision, rare, de fixer le prix d’introduction (à 20 dollars) au-dessus de la fourchette indicative retenue entre 17 et 19 dollars. Preuve s’il en est de l’attrait du luxe et du commerce en ligne dans un secteur qui s’en méfiait profondément au départ. Une preuve d’autant plus incontestable que Farfetch, qui perd de l’argent depuis sa création, a encore creusé sa perte récemment. Au premier semestre, elle a plus que doublé par rapport à la même période en 2017 atteignant 68 millions de dollars contre 29 millions il y a un an. Son chiffre d’affaires annuel lui s’est établi à 386 millions de dollars, en hausse de 59 %.


e-commerce, moteur de la croissance

Aujourd’hui la vente sur internet est devenue l’un des principaux moteurs de croissance des marques haut de gamme , beaucoup il est vrai en raison du succès du e-commerce en Chine. D’ailleurs, JD. com, numéro deux du commerce en ligne dans l’ancien empire du Milieu, qui était déjà actionnaire de Farfetch, a acquis des actions supplémentaires dans le cadre d’un placement privé.

Le site de mode a aussi attiré des investisseurs français comme la Famille Pinault, actionnaire de contrôle de Kering, propriétaire de Gucci et Saint Laurent. Chanel est entré au capital du site il y a quelques mois après un partenariat conclu avec Burberry. Avant eux, Eurazeo avait participé au tour de table à hauteur de 20 millions d’euros au côté du fonds singapourien Temasek. Farfetch avait presque 1 million de clients en ligne fin décembre.

Nouveau terrain de concurrence

Farfetch est concurrencé par d’autres plates-formes comme My Theresa ou Matches Fashion. La concurrence s’est intensifiée ces dernières années entre les plates-formes indépendantes et les grandes marques de luxe comme Louis Vuitton (LVMH) , qui contrôle son propre site. Le suisse Richemont est devenu actionnaire majoritaire en 2018 de la plateforme Yoox Net-A-Porter valorisée à 5,3 milliards de dollars.

Le commerce en ligne devrait selon certains analystes totaliser un quart des revenus du luxe d’ici 2025 contre 10 % en 2018.

Marie Josée Cougard
lesechos

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