mardi 20 octobre 2020
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Entretien – Directrice générale adjointe de Coris Holding: « Coris, le plus grand contributeur dans l’achat des Bons Covid-19 »

Entretien – Directrice générale adjointe de Coris Holding: « Coris, le plus grand contributeur dans l’achat des Bons Covid-19 »

Alice Kaboré, directrice générale adjointe de Coris Holding, explique comment son groupe s’est mobilisé, là où Coris est implanté, dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Elle évoque aussi l’évolution du groupe au-delà de la zone UEMOA.

Face à la pandémie de Covid-19, quelles mesures de protection le groupe Coris a-t-il prises pour préserver de ce virus les employés de toutes ses sociétés ?

Alice Kaboré : Notre groupe, par ma voix, voudrait vous remercier pour cette initiative louable de nous tendre votre micro. Avant de répondre à vos questions, je m’incline devant toutes les victimes de la pandémie de Covid-19, en présentant mes condoléances les plus attristées aux nombreuses familles endeuillées et en souhaitant un bon rétablissement aux malades. Le rythme auquel s’est propagée la maladie dans les tout premiers pays touchés imposait la prise de mesures préventives urgentes pour protéger nos collaborateurs et les membres de leur famille ainsi que nos clients et partenaires d’une éventuelle infection par le virus Covid-19. C’est ainsi qu’aux premières heures de la pandémie en Afrique, le groupe Coris a mis en place un Comité de crise et adopté un Plan de continuité des activités, spécifique au Covid-19 et qui a été décliné à l’échelle de toutes les filiales du groupe. Des réunions stratégiques ont été tenues au plus haut niveau avec l’ensemble des directeurs généraux, assorties d’orientations claires en faveur du strict respect des mesures barrière édictées par leurs autorités locales dans l’objectif de rassurer au mieux le personnel ainsi que les clients et partenaires et de les sensibiliser sur les comportements à adopter. La communication au niveau des filiales a porté aussi sur les mesures prises afin d’inciter les clients à poursuivre leurs opérations bancaires en privilégiant l’utilisation des canaux électroniques pour accéder aux services.

Le groupe Coris a-t-il contribué à soulager les populations dans certains pays ?

En effet, outre l’adoption de ces mesures, le groupe a apporté à travers la fondation Coris, l’institution porteuse de son ambition en responsabilité sociétale, son soutien financier aux gouvernements des pays où il opère. Ainsi, entre les mois de mars et avril 2020, il a procédé à des remises officielles de dons aux gouvernements béninois, burkinabè, ivoirien, malien, nigérien, sénégalais et togolais dans le but de renforcer la capacité d’intervention des États via les coordinations nationales de la riposte au Covid-19. Par ailleurs, toutes les filiales bancaires du groupe ont accompagné leurs clients et partenaires directement affectés par la crise sanitaire du coronavirus, une situation transformée de facto en une grave crise économique. Des mesures spécifiques ont été prises envers les clients opérant dans les secteurs impactés tels que les services, le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, les agences de voyages, le transport, l’enseignement, etc. Ces mesures ont permis à plusieurs clients de poursuivre leurs activités et d’assurer à leurs salariés la continuité des emplois et des revenus. Enfin, il s’est agi également de se conformer aux décisions de politique monétaire, de soutien à l’économie et de promotion des moyens de paiement électroniques prises par les différentes autorités monétaires et de régulation. En somme, face à cette crise sans précédent du coronavirus, le groupe Coris a assuré pleinement sa responsabilité sociale à travers sa Fondation et ses filiales.

Au sein de la zone UEMOA, qui compte huit pays, quelle est l’implantation de votre groupe, dont l’effectif est de près de 3 000 salariés et qui touche plusieurs secteurs, dont la banque de détail, l’assurance et la méso-finance ? Le groupe Coris a démarré ses activités dans le domaine bancaire au Burkina Faso en 2008, avec une vision panafricaine, pour participer activement au développement socioéconomique des pays africains. Son principal levier stratégique de développement, basé sur un modèle unique industriel, est adapté aux spécificités de nos marchés, avec des offres de produits et services innovants et répondant parfaitement aux attentes. Le groupe, présent dans plusieurs secteurs d’activité, comprend un pôle « Banque et Méso-finance » supervisé par la compagnie financière agréée Coris Holding et composé de huit filiales implantées au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger, au Sénégal, au Togo, et bientôt en Guinée Conakry. Coris Invest Group supervise de son côté les pôles « Intermédiation financière » avec Coris Bourse qui excelle sur le marché de la sous-région dans les activités boursières, « Assurances » avec deux compagnies d’assurances (vie et IARD) au Burkina Faso, « Technologie » avec M2i qui développe et propose des solutions techniques et des services numériques répondant au besoin du marché, et enfin « Investissement et Conseil » avec Coris Capital. Il y a aussi naturellement la Fondation Coris, dont les réalisations, en si peu temps, ne sont plus à compter. Pour réduire l’impact du Covid-19, les soutiens de la BCEAO s’élèvent à 196,6 milliards de FCFA et ceux de la BOAD à l’attention des États à 158,1 milliards.

Regrettez-vous l’absence d’aide directe aux grands groupes financiers et de services de la zone UEMOA ?

L’ensemble du groupe Coris est fortement engagé aux côtés des États africains dans la lutte contre le Covid-19. Outre sa contribution significative au financement des économies à travers les crédits octroyés par ses filiales, le groupe Coris a été le plus grand contributeur de cette levée de fonds à travers un achat de Bons Covid-19 de plus de 700 milliards de FCFA. Il faut rappeler que la BCEAO a décidé d’accompagner les États membres dans l’émission de bons du Trésor dénommés « Bons Covid-19 », et cela dans le cadre de la mise en oeuvre des mesures prises pour contrer les impacts négatifs de cette pandémie. Ces bons, d’une maturité de trois mois, ont été émis sur le marché financier régional pour faire face aux dépenses immédiates liées à la lutte contre la maladie. L’accompagnement de la Banque centrale ne se limite pas aux Bons Covid-19 : différentes mesures d’assouplissement de la politique monétaire ont facilité l’accès des banques à ses guichets de refinancement, prévenant ainsi des situations de crise de liquidité dans les banques soumissionnaires. Le dispositif d’accompagnement des PME est également salutaire, même s’il s’avère plus difficile à mettre en oeuvre dans les banques soumissionnaires.

En 2019, Coris a été honoré coup sur coup au mois de mai par un trophée d’Excellence de la part du CAVIE (Centre africain de veille et d’intelligence économique) et de celui de l’Entrepreneur africain lors de la 4e édition de l’Africa Entrepreneurs Meeting à Paris. Partagez-vous ces distinctions avec votre personnel ?

Il est vrai que nous ne travaillons pas avec un objectif de collecter des distinctions, mais quand nos mérites sont reconnus, cela nous réconforte et nous galvanise davantage pour réaliser de meilleures performances. Nos dernières distinctions après celles que vous citez sont, en 2019, la décoration du PCA comme grand officier de l’ordre de l’Étalon, l’une des plus hautes distinctions au Burkina Faso et, le 26 août 2020, le prix de la meilleurs banque d’Afrique de l’Ouest aux Trophées African Banker. Toutes les distinctions reçues par le groupe, ses entités ou encore ses dirigeants sont partagées avec l’ensemble du personnel.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

economiesafricainesmagazine

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