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Essilor déçoit la Bourse avec ses prévisions

Essilor déçoit la Bourse avec ses prévisions

Le groupe a révisé à la baisse ses perspectives de croissance pour 2016. Il acquiert deux sociétés en Chine.

Coup dur pour Essilor. Le spécialiste mondial des verres ophtalmiques a dégringolé de 6,17 % en Bourse mardi, après avoir abaissé ses prévisions de résultats annuels pour la deuxième fois depuis juillet. Le groupe de 61.000 salariés table désormais sur une croissance organique de son chiffre d’affaires d’environ 3,5 % en 2016, contre 4,5 % juillet et 5 % en début d’année.

En octobre, le titre avait déjà chuté de plus de 5 % lorsque le PDG d’Essilor, Hubert Sagnières, avait précisé que l’objectif de croissance organique du chiffre d’affaires resterait « proche » mais en dessous de 4,5 %. Considéré comme une valeur refuge par les investisseurs, le groupe français a perdu près de 4 milliards d’euros de capitalisation depuis janvier, pour tomber à environ 20,7 milliards d’euros.

Ralentissement du marché

Essilor, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 6,7 milliards d’euros l’an dernier, est pénalisé par « un ralentissement conjoncturel du marché de l’optique ophtalmique » dans plusieurs zones de la planète, et notamment aux Etats-Unis, le premier marché du groupe.

En octobre, Essilor avait indiqué que sa performance dépendrait beaucoup de la reprise ou non du marché américain de l’optique au quatrième trimestre. L’an dernier, les ventes avaient été excellentes outre-Atlantique, où Essilor avait racheté en 2014, Transitions Optical, un fabricant de verres pour 1,73 milliard de dollars. Par ailleurs, « en dehors des Etats-Unis, les marchés exposés au prix du pétrole restent faibles », soulignaient récemment les analystes de JP Morgan dans une note de recherche « et la situation macroéconomique au Brésil s’est dégradée. »

Cet affaiblissement de la croissance à taux de change et périmètre constant va peser un peu sur la rentabilité. Essilor a indiqué que la marge opérationnelle devrait s’effriter pour passer à 18,5 % au lieu de 18,8 %.

A la peine aux Etats-Unis, Essilor pousse ses pions dans les pays émergents et notamment en Chine, où le groupe a annoncé qu’il allait prendre 50 % du capital de Photosynthesis afin de se renforcer sur le marché des lunettes solaires et 55 % de Jiangsu Creasky Optical, un producteur et distributeur de verres ophtalmiques milieu de gamme. Essilor n’a pas précisé le montant de ces deux opérations.

Si la Chine pèse moins de 5 % du chiffre d’affaires d’Essilor aujourd’hui, le fabricant y nourri de fortes ambitions étant donné le retard en équipement optique de la population. « Sur les 800 millions de Chinois ayant besoin d’une correction visuelle, seuls 350 millions sont effectivement équipés », indique-t-on chez Essilor.

Parmi ces derniers, 40 % souffrent de myopie, un véritable fléau en Chine. Compte tenu d’une prédisposition génétique, un tiers des myopes dans le monde est Chinois. Et ce, alors que la presbytie gagne du terrain en raison du vieillissement de la population. Quant aux lunettes de soleil, seuls 30 % des Chinois en auraient l’usage, estime encore Essilor. D’où la volonté du groupe de nouer des partenariats avec des entreprises locales ayant des marques déjà bien établies et un réseau de magasins dans certaines villes.

Emmanuel Grasland
Frédéric Schaeffer, Les Echos

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