samedi 17 août 2019
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États-Unis-Afrique : un rapprochement stratégique de bon augure ?

États-Unis-Afrique : un rapprochement stratégique de bon augure ?
Face à la concurrence accrue de la Chine et de la Russie, les États-Unis entendent resserrer leurs liens avec l’Afrique, notamment à l’ouest du continent. Les enjeux économiques sont nombreux dans cette région à la croissance soutenue, dont le Maroc semble être devenu la porte d’entrée privilégiée.

Après avoir laissé la Chine investir en masse sur le continent africain, les États-Unis sont à présent au branle-bas de combat pour concurrencer les influences chinoises et russes. En décembre dernier, John Bolton, conseiller pour la sécurité nationale de Donald Trump, a dévoilé publiquement les axes d’une stratégie américaine en Afrique clairement destinée à contrer la progression de Pékin et de Moscou sur les terrains de l’économie et de la politique, qui commencent à inquiéter l’administration US. « Les grands concurrents, la Chine et la Russie étendent rapidement leur influence financière et politique en Afrique. Ils ciblent délibérément et de manière agressive leurs investissements dans la région pour avoir un avantage compétitif sur les États-Unis », a-t-il ainsi déclaré sans faire beaucoup de mystère sur les intentions nationales.

Pour contrer les « pratiques prédatrices » des deux mégapuissances de l’est, Bolton n’a pas non plus hésité à affirmer que les politiques africaines de Moscou et Pékin « ralentissaient la croissance économique en Afrique, menaçaient l’indépendance financière des nations africaines, limitaient les opportunités d’investissements américains, interféraient avec les opérations militaires américaines et menaçaient les intérêts américains en sécurité nationale. » D’où l’impérieuse nécessité, selon lui, de revoir les aides budgétaires attribuées sur le continent, notamment en coupant le robinet dans les régions du Nord-est africain où la Russie a étendu son implantation.

D’après le conseiller du président américain, la Maison-Blanche envisage en revanche d’investir davantage dans l’ouest et le Nord-ouest africain, où la croissance économique ne se dément pas. À ce titre, le Maroc devrait profiter de ce renforcement des relations entre les États-Unis et l’Afrique en tant que véritable porte d’entrée du continent africain depuis plusieurs années. Officiant déjà comme « courroie de transmission » avec l’Europe, les entreprises du royaume chérifien profitent de cet appel d’air pour accroître leur influence outre-Atlantique.

Dernier exemple en date de ce développement : l’ouverture par la compagnie nationale aérienne, Royal Air Maroc (RAM), de deux nouvelles lignes directes entre le Maroc et les États-Unis. Après New York et Washington, la RAM dessert aussi Miami depuis le 3 avril et bientôt Boston à partir du 22 juin, au départ de Casablanca. Ces quatre liaisons, tout comme les trois autres déjà en place avec le continent américain (Montréal, Rio de Janeiro et Sao Paolo), confirment l’ouverture progressive du pays vers l’ouest et les États-Unis en particulier. En simplifiant les échanges avec le Maroc, ces correspondances visent à servir de tremplin pour les entreprises des deux rives de l’Atlantique. Une stratégie qui vise à « renforcer davantage la position du Royaume et de la compagnie nationale en tant que leader sur le continent américain », indique la RAM, qui se place en acteur incontournable du développement des relations entre l’Afrique et les États-Unis.

Le renforcement de la présence de Washington dans la région est donc une aubaine pour la RAM, qui deviendra en 2020 la première en Afrique à rejoindre l’alliance Oneworld, qui regroupe les compagnies de référence en matière d’aviation commerciale. Une inscrip-tion qui doit permettre au transporteur national de s’imposer comme le partenaire de référence pour les touristes et les investisseurs américains à destination d’Afrique de l’Ouest.

lesechos

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