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Etats-Unis : les données de quatre millions de fonctionnaires piratées

Etats-Unis : les données de quatre millions de fonctionnaires piratées

L’intrusion aurait été menée par des « hackers » chinois. C’est l’une des plus importantes jamais opérée dans les systèmes informatiques de l’administration américaine.

Les pirates informatiques chérissent particulièrement l’administration américaine. Après un piratage des services fiscaux révélé la semaine dernière, qui a permis à des « hackers » de récupérer des données concernant 100.000 ménages, ce sont 4 millions d’employés des services fédéraux qui ont été victimes d’un détournement informatique. Selon le «  Washington post  », les auteurs de cette intrusion, lancée en décembre dernier contre l’ Office of Personnel Management (OPM), qui gère les effectifs du gouvernement, seraient chinois. Il s’agirait de l’un des vols de données les plus importants jamais répertoriés. Les pirates auraient cherché en particulier à obtenir des numéros de sécurité sociale des agents, et autres numéros d’identification, nécessaires pour nombre d’opérations de la vie courante aux Etats-Unis.

L’OPM a déjà été victime d’une première attaque d’origine chinoise l’été dernier, mais ciblant des personnes protégées car ayant leur accès à des données stratégiques, comme des scientifiques. Cette fois, le spectre de l’attaque est beaucoup plus large, et intervient tout juste avant que l’administration ait pu mettre en place de nouvelles procédures de sécurité devant réduire les accès extérieurs. Il pourrait s’agir d’espionnage, tout comme d’une attaque financière.

Des attaques de plus en plus sophistiquées

Hasard du calendrier, le « New York Times » a révélé jeudi que l’administration Obama avait donné, sans débat public, à l’agence de sécurité nationale (NSA) l’autorité légale de surveiller les communications sur Internet pour repérer des pirates informatiques travaillant notamment pour des gouvernements étrangers. L’agence de renseignement a été autorisée à passer au crible des données sur Internet, sans mandat judiciaire, à la recherche de logiciels malveillants et de piratages liés à des gouvernements étrangers. Pour prévenir les critiques, la direction nationale du renseignement (ODNI), qui chapeaute toutes les agences de renseignements américaines, a rappelé opportunément que la cyber-menace pesant sur les Etats-Unis augmentait « en fréquence, en échelle, en sophistication et en sévérité des conséquences ».

Relations diplomatiques tendues

Le « New York Times » croit savoir que la Russie serait derrière une attaque qui avait permis à des pirates d’accéder à des échanges de courriels de la Maison Blanche, en particulier de Barack Obama. Mais la Chine est très régulièrement mise en cause dans ces affaires, au point que les relations diplomatiques se sont tendues sur ce sujet entre Washington et Pékin. La Chine supporte très mal d’être régulièrement pointée du doigt par un pays dont les agissements en matière de cyber-surveillance semblent loin d’être irréprochables, comme l’ont démontré les révélations d’Edward Snowden.

Elsa Conesa et Gabriel Gresillon
lesechos.fr

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