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Eutelsat commande à Airbus un satellite révolutionnaire

Eutelsat commande à Airbus un satellite révolutionnaire

Ce satellite, dont le lancement est prévu fin 2018, pourra être reprogrammé à distance et à l’infini pour changer de zones ou de fréquences.

Une première mondiale en même temps qu’une révolution dans les étoiles ! C’est ce que promet Eutelsat avec le satellite Quantum, que l’opérateur européen va commander ce jeudi auprès d’Airbus en même temps qu’il signera un partenariat public-privé avec l’Agence spatiale européenne, l’ESA. « Jusqu’ici un satellite faisait office de miroir. Maintenant, il sera doté d’un cerveau surpuissant pour servir n’importe qui, n’importe où, n’importe quand », s’enthousiasme le PDG d’Eutelsat, Michel de Rosen.

De quoi s’agit-il ? Aujourd’hui, les satellites sont conçus pour couvrir une zone géographique déterminée et servir avec une fréquence également déterminée, du fait notamment des réglementations internationales. Impossible d’en sortir durant toute sa vie en orbite. Avec Quantum, changement de décor puisque ce satellite, dont le lancement est prévu fin 2018, pourra être reprogrammé à distance et à l’infini pour changer de zones ou de fréquences. « On va passer d’un fonctionnement mécanique à un fonctionnement de type logiciel. Du sur-mesure au prêt à porter », poursuit Michel de Rosen.

Ce sont les ruptures technologiques en matière d’antenne et d’amplification du signal qui ont ouvert la voie à Quantum, explique Jacques Dutronc, directeur du déploiement et de l’innovation d’Eutelsat, qui met en avant un gros avantage pour l’industrie : intégrer des composants génériques et abaisser les délais et donc les coûts de production.

Flexibilité

Si révolution il y a, elle ne concernera pas l’ensemble du marché. Les satellites reprogrammables de type Quantum visent avant tout les clients qui cherchent de la flexibilité. Exemple, une compagnie de paquebots pour que ses clients puissent accéder à Internet l’été quand ils croisent en Méditerranée, l’hiver dans les Caraïbes. Là où il fallait deux satellites, un seul suffira. Eutelsat imagine aussi des débouchés dans le domaine de la sécurité, civile comme militaire, quand il faut bouger d’un théâtre d’opération à un autre.

Pour l’opérateur européen, il s’agit d’un investissement stratégique, même si, en mettant 71 millions d’euros de sa poche, l’agence spatiale britannique assure la quasi-totalité du coût de développement. Mais c’est aussi pour Michel de Rosen l’occasion de remettre les pendules à l’heure. Un peu irrité par la publicité dont bénéficie les projets de constellation en orbite basse de type OneWeb, regroupés sous le label de « new space », le PDG d’Eutelsat estime que Quantum est la meilleure preuve que les tenants des flottes géostationnaires savent toujours innover.

Alain Ruello
lesechos.fr

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