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Facebook s’intéresse aux cartes de Nokia… pour s’affranchir de Google Maps ?

Facebook s’intéresse aux cartes de Nokia… pour s’affranchir de Google Maps ?

Le groupe finlandais cherche à vendre sa filiale numérique, Here, acquise à prix d’or en 2008, afin de se concentrer sur les télécoms. L’acquisition permettrait à Facebook de se passer des services de Google Map. Un consortium de constructeurs allemands (BMW, Audi et Daimler) ainsi qu’Uber sont également intéressés par ce service, valorisé 2 milliards d’euros.

Après Uber, c’est au tour de Facebook de s’intéresser à la filiale de cartographie de Nokia. Le réseau social de Mark Zuckerberg compte parmi les quatre acquéreurs potentiels de Here, qui suscite également l’intérêt d’un consortium formé par les constructeurs automobiles allemands BMW, Audi et Daimler et du fonds de capital-investissement Hellman & Friedman, rapporte mercredi 22 avril Manager Magazin sur son site internet.

Facebook lorgnait Waze, racheté par Google

Si Facebook utilise sur ses applications et son site le service Google Maps, l’entreprise a déjà par le passé cherché à acquérir un service de cartographie. En mai 2013, le réseau social en ligne n’était pas parvenu à s’entendre avec la startup israélienne Waze, qui développe un GPS pour mobiles, et pour laquelle il aurait proposé un milliard de dollars (760 millions d’euros au cours de l’époque). L’application communautaire de géolocalisation destinée aux automobilistes avait été rachetée quelques semaines après par Google.

Des cartes numériques de Nokia, le réseau social de Mark Zuckerberg, qui se pose de plus en plus en concurrent de Google, pourrait tirer un ciblage de la publicité encore plus précis que ce qu’il ne vend déjà. On peut également imaginer des propositions d’itinéraires pour se rendre dans les boutiques dont l’internaute est proche et qui possèdent bien entendu une page Facebook. De quoi permettre aux utilisateurs de ne plus quitter le réseau social, alors que celui-ci multiplie les tentatives de séduction pour héberger le contenu en ligne des médias.

D’après le magazine allemand, l’application mobile de transport avec chauffeur Uber a quant à elle déjà consulté les livres de compte de la filiale de Nokia, valorisée environ deux milliards d’euros. L’agence Bloomberg avait déjà révélé le 13 avril que Nokia avait contacté le service de VTC. L’acquisition permettrait à Uber de muscler le projet de voiture autonome sur lequel il travaille avec l’université américaine de Carnegie Mellon dans le but de concurrencer Google.

Nokia avait acheté Navteq trois fois sa valorisation actuelle

En plein recentrage stratégique dans les télécommunications, avec le rachat du groupe français Alcatel-Lucent, l’équipementier finlandais cherche en effet à se débarrasser de son activité cartographique acquise en juillet 2008 après le feu vert de Bruxelles.

À l’époque, Nokia, numéro un mondial des téléphones portables -l’activité a depuis été vendue à Microsoft-, avait offert 7,7 milliards de dollars (5,7 milliards d’euros) pour Navteq, renommé depuis Here. Le spécialiste américain des cartes numériques figurait parmi les deux premiers mondiaux de la cartographie numérique, aux côtés de Tele Atlas, racheté 2,9 milliards d’euros à la même période par son compatriote néerlandais, le spécialiste du GPS TomTom.

Au quatrième trimestre 2014, Here, qui revendique la première place sur le marché des cartes embarquées, a connu une croissance de 15% sur un an, réalisant ainsi 292 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec la vente de licences à 3,9 millions de nouveaux véhicules. Sur l’ensemble de l’année, le chiffre d’affaires de la filiale de Nokia s’affiche en hausse par rapport à 2013, à 969 millions d’euros, mais la marge et les profits opérationnels sont en baisse, à respectivement 3,2% (5,2% en 2013) et 31 millions d’euros (48 millions d’euros en 2013).

Laszlo Perelstein
latribune.fr

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