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Fibre optique: Les appétits d’Orange

Fibre optique: Les appétits d’Orange
Yves Gauthier, DG d'Orange Maroc: «Avec le volume de données qui transitent par les réseaux des opérateurs télécoms, ne pas avoir d’infrastructure en fibre optique freinerait le développement économique du pays»

L’opérateur compte développer les infrastructures fixes

«Si la volonté du Maroc est de se positionner comme une high city hub, il faut investir dans la fibre», soutient Chakib Achour, senior marketing & business development manager chez Huawei. Sans connectivité, la transformation digitale ira au ralenti. Avec la fibre, le Maroc pourra capitaliser sur sa position stratégique et offrir des services à meilleure valeur ajoutée (services basés sur le cloud, datacenter à des pays européens et subsahariens). La fibre va créer des services. Ce qui va permettre de remplir de plus en plus de datacenters…
Orange Maroc a vu le filon. Pour le directeur général, la marque a atteint ce qu’elle pouvait faire en termes de pénétration mobile. «La croissance, on la fera maintenant sur la partie infrastructure fixe», annonce Yves Gauthier, DG d’Orange Maroc. En effet, la marque a atteint environ 120% de pénétration au Maroc et envisage la fibre optique comme relais de croissance. Cependant, l’un des freins au déploiement à grande échelle est la difficulté pour les opérateurs d’accéder aux conduites souterraines à des coûts relativement bas. Concrètement, cela voudrait dire avoir accès aux infrastructures de conduite de Lydec, Maroc Telecom…mais aussi utiliser les réseaux autoroutiers, ferroviaires…
Plusieurs pays se sont lancés dans ce type d’investissement à grande échelle.

L’Allemagne à mis en place un plan de déploiement de la fibre entre 2015 et 2020. Avec ce plan, environ 50% de ménages auront accès à un débit de 100 Mbps et 100% à un débit de 50 Mbps. Cela va à terme générer près de 560.000 nouveaux emplois, 110 milliards d’euros de produit intérieur brut. A l’instar de l’Allemagne, plusieurs pays ont adopté une politique de déploiement de la fibre optique à l’échelle nationale: Kenya: National broadband strategy qui table sur le déploiement d’environ 300 méga dans les zones urbains et 50 Mbps en zone rurale, à l’horizon 2022. La Malaisie : 100 Mbps dans les grandes villes et 20 Mbps en zones rurales pour 2025. L’île Maurice: 100 Mbps pour les ménages… Dans le cas de ce pays, les investissements ont impacté le développement du secteur touristique.

Entre 2014 et 2015, le pays a enregistré une augmentation des visites touristiques de 10,9% et une croissance des revenus de 12,9%. La fibre optique est aussi un élément de valorisation de l’actif (terrain, bâtiment…). En effet, plus la fibre est proche, plus la valeur du bien immobilier grimpe. «L’accès à la fibre peut augmenter la valeur de la propriété d’environ 1,3%», explique Marc Boxer, application engineering manager chez OFS Etat-Unis.
Une fois la fibre installée, les cas d’usages sont multiples: Smart building, Smart shopping mall…

Déployée dans un centre commercial, la technologie permet de capter de plus en plus de clients. Grâce à une application en ligne, les clients ont accès via leurs smartphones aux informations sur les places disponibles au parking, les promos et soldes dans le centre commercial. Autre cas d’usage: Smart lighting solution. Un outil de gestion intelligente de l’électricité basé sur l’Internet des objets. Via des capteurs intégrés à des bornes électriques publiques, les collectivités parviennent à réduire d’environ 35% leur facture énergétique.

Jean Modeste KOUAME
leconomiste.com

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