Accueil / Finances / Finance islamique : le Kenya accélère les actions pour se positionner en tant que hub régional

Finance islamique : le Kenya accélère les actions pour se positionner en tant que hub régional

Finance islamique : le Kenya accélère les actions pour se positionner en tant que hub régional

Après avoir promulgué en 2016 la loi sur l’octroi des licences et la réglementation des activités d’assurance islamique, le Kenya fait un nouveau pas en avant pour le développement de la finance islamique dans son tissu économique. Nairobi vient d’intégrer de nouvelles mesures y afférentes dans son budget 2017-2018 et de nouveaux partenariats sont en cours tant pour accélérer la formation que l’intégration du marché financier. Explications.

A LIRE AUSSI...
Le Kenya appuie sur l’accélérateur de la finance islamique. Le gouvernement vient de dévoiler de nouvelles mesures prises dans le cadre du budget 2017-2018 en vue d’uniformiser la réglementation visant à différencier les transactions financières islamiques et les celles relevant de la finance conventionnelle, rapporte la presse locale.

Objectif: inclusion et diversification financière

Selon le ministre des Finances, Henry Rotich, ces mesures consistent notamment en des modifications de la loi sur la gestion des finances publiques afin de permettre au gouvernement d’émettre des obligations islamiques (sukuks), l’exemption de la TVA pour les particuliers, entreprises et entités gouvernementales ayant recours à la finance islamique, ou encore l’instauration d’un régime de retraite islamique fondé sur le concept de partage des risques sur les produits d’assurance halal (Takaful).

Si le gouvernement agit avec un tel empressement pour combler les lacunes au développement à grande échelle de la finance islamique au Kenya, c’est d’abord pour asseoir son positionnement -tant recherché- en tant que hub régional de la finance islamique. Avec 44 millions d’habitants, la communauté musulmane au Kenya est estimée à environ 10% de la population globale. Mais sur la base de quelques études, les autorités du pays estiment le potentiel de la finance islamique « énorme », au-delà des convictions religieuses.

L’émission du premier sukuk prévue courant 2017

Pour Nairobi, développer ce marché permettrait au pays d’« atteindre les objectifs d’inclusion financière et de diversification financière », comme souligné par Farrukh Raza, directeur général de IFAAS, un cabinet de conseil en finance islamique qui a conçu le cadre du Bureau de gestion du projet Finance Islamique lancé en octobre 2016. A ce jour, le Kenya dispose de deux banques islamiques – Gulf African Bank et First Community Bank- ainsi qu’un fournisseur de services d’assurance islamique -Takaful Insurance of Africa.

Et selon Farrukh Raza, l’actuelle démarche vise également à attirer d’autres établissements étrangers ou locaux, mais aussi à préparer l’émission future de sukuks par l’Etat kényan qui devrait avoir lieu cette année. Les autorités s’attendent à ce que ce plan soit un peu bousculé par les élections présidentielles qui auront lieu en août prochain, mais tiennent à l’objectif de cette année.

Le volet formation accéléré

Et dans cette dynamique de développement de la finance islamique, le Kenya ne laisse rien en reste. Le Coast International College à Mombasa vient de signer un protocole d’entente d’une durée de trois ans avec une université malaisienne pour offrir une formation diplômante en finance islamique. Le même établissement est également en partenariat avec le Centre international pour l’éducation en finance islamique, une institution de formation et de recherche relevant de la Banque centrale de Malaisie.

Cela donnera lieu, entre autres, à la fourniture de programmes, matériels de cours et conférence liées à la jurisprudence islamique, la loi islamique sur les contrats, la comptabilité financière et les fondamentaux de la finance islamique. Le Kenya y voit également l’occasion de se faire entendre plus fort à l’échelle continentale avec notamment l’organisation sur son sol de programmes réunissant l’industrie mondiale de façon à faire avancer la finance islamique en Afrique.

Le marché des capitaux (aussi) en mouvement

Au niveau des marchés financiers aussi, ça bouge dans ce sens. A la mi-mars, la Nairobi Securities Exchange (NSE) et l’Autorité kényane de régulation des marchés des capitaux se sont déplacées pour signer avec la Qatar Stock Exchange un mémorandum d’entente pour la coopération bilatérale en matière de finance islamique. Il s’agit en pratique du partage d’information et d’assistance technique autour des processus et procédures relatives à la cotation, au commerce, aux opérations de dépôt, de compensation et de règlement.

C’est dire l’engagement de Kenya à multiplier ses cordages pour rehausser et asseoir son positionnement économique en Afrique en général et dans la sous-région est-africaine en particulier. Une ambition que le pays d’Uhuru Kenyatta ne manquera pas de faire valoir le week-end prochain, les 7 et 8 avril, à la deuxième édition du Sommet de l’économie islamique d’Afrique de l’Est, un événement d’envergure organisé à Nairobi autour de l’industrie halal où la finance islamique occupera une place de choix.

Ristel Tchounand
La Tribune Afrique

Aller en haut