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Finances publiques : Quand le Fmi incite à augmenter les impôts

Finances publiques : Quand le Fmi incite à augmenter les impôts
Abebe Aemro Sélassié et Vitor Gaspar, respectivement Directeur du Département Afrique du Fmi et Directeur du Département des Finances publiques au Fonds

Les recettes intérieures générées à travers la fiscalité permettent de garantir une source de revenus relativement plus stable que les emprunts, dons, aides au développement… Un atout que le Fonds monétaire international motive les Etats africains à capitaliser.

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« Dégager une marge de manœuvre budgétaire » ! Voici la dernière-née des thérapies miracles du Fonds monétaire international pour améliorer la santé économique des pays africains. Elle devrait les guérir de leur addiction à l’endettement –sinon au surendettement- publique, croit, mordicus, l’institution financière internationale (et pas qu’elle, l’Organisation de coopération et de développement économique-Ocde- en est tout aussi convaincue).

 

La posologie, détaillée récemment dans un article par Abebe Aemro Sélassié et Vitor Gaspar, respectivement Directeur du Département Afrique du Fmi et Directeur du Département des Finances publiques au Fonds, est plutôt simple : « accroitre les recettes fiscales d’environ 1% de leur Pib par an au cours des cinq prochaines années ». Et même mieux, cette thérapeutique devait être même, moins dommageable à la croissance économique dans son effet stabilisateur de la dette publique ! « Face à la nette augmentation de la dette publique en Afrique subsaharienne, une hausse des recettes fiscales constitue le moyen de stabiliser la dette qui est le plus propice à la croissance », expliquent donc les deux hauts responsables.

 

Sinon, pour aboutir au même résultat de création d’une marge de manœuvre budgétaire, biens d’autres moyens existent. Ils ne sont du reste pas contre-indiqués. L’Ocde en cite quelques-uns d’ailleurs dans l’édition 2017 de son rapport intitulé « statistiques des recettes publiques en Afrique » : recherche de dons extérieurs, limitation des dépenses faiblement prioritaires (efficacité des dépenses publiques), emprunts de ressources pondérés par la capacité de financer les programmes de dépenses voulus et d’honorer (dans le même temps) le service de sa dette à court comme à plus long terme. Mais leur stabilité et leur prévisibilité dans le temps sont sujets à caution.

 

Augmenter les impôts, s’avère, dans ces circonstances, d’autant propice et légitime que « l’amélioration des capacités nationales de recouvrement des impôts et des autres recettes constitue un objectif que les pays ont arrêté dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies (objectif 17) » justifient Abebe Aemro Sélassié et Vitor Gaspar. Quelqu’un aurait-il crié « vive les impôts » ! Pas étonnant que les lois de finances pour l’année 2018 des pays comme la Côte d’ivoire, le Burkina Faso, le Mali ou le Niger soient marquées par une sorte “d’irruption” de mesures fiscales pour accroître les moyens de l’Etat. Et cela au grand dam du secteur privé, dont les soucis de compétitivité paraissent passer à la trappe. L’élargissement de l’assiette fiscale sous-jacent à l’accroissement des recettes fiscales se résumant à la solution de facilité de surimposition du portefeuille limité d’entreprises du secteur économique formel.

 

                                                                             La Rédaction

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