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FMI : une aide de 312 millions de dollars pour la relance économique au Tchad

FMI : une aide de 312 millions de dollars pour la relance économique au Tchad

Le Fonds monétaire international vient d’approuver une aide financière de 312 millions de dollars pour le Tchad. Confronté à une situation économique difficile dans un contexte de chute drastique des prix du pétrole, cette aide va permettre au pays d’améliorer les recettes publiques et accélérer la diversification de l’économie.

Après le Cameroun et le Gabon, c’est autour du Tchad de bénéficier des accords du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de la Facilité élargie de crédit. Le pays vient de se voir approuver un accord portant sur l’octroi d’une enveloppe de 312 millions de dollars. Ces accords sont justifiés par la situation économique et sécuritaire actuelle que traverse le Tchad. En dehors de la chute de plus de 50% de ses revenus en matière de l’exportation du pétrole mettant à jour d’immenses difficultés, le secteur agropastoral aussi est en crise.

A cause de l’instabilité sécuritaire, N’Djamena éprouve n’énormes difficultés à assurer le commerce du bétail vers ses principaux clients, dont le Nigéria, la Libye et la Centrafrique. Vu la grande dépendance de l’économie des deux secteurs, les performances du pays sont en régression. « Les performances macroéconomiques et financières du Tchad se sont considérablement détériorées au cours des deux dernières années, à cause du contexte marqué par la baisse des prix du pétrole, la situation sécuritaire régionale tendue et le lourd fardeau de la dette commerciale extérieure », s’est ainsi exprimé David Lipton, le directeur général adjoint du FMI.

Les fonds serviront donc à améliorer la gestion économique du pays pour augmenter les recettes publiques, tout en renforcement le processus mis en place par le gouvernement tchadien pour la diversification de l’économie, une des recommandations fortes du FMI. Ainsi sur 312 millions de dollars, d’après les informations publiées, 48,8 millions de dollars seront immédiatement disponibles alors que le prêt sera étendu sur les trois prochaines années. 3ème pays pétrolier de la zone Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), le Tchad suit ainsi le Cameroun qui a bénéficié de 666 millions de dollars et le Gabon qui a bénéficié de 642 millions de dollars, en l’espace seulement de quelques jours.

Des précédents qui créent le doute

L’appui du FMI constitue une véritable bouée d’oxygène pour N’Djamena en ces temps durs. Le prêt est naturellement suivi de recommandations comme une meilleure gestion de la dette, des investissements et la diversification totale de l’économie. Mais la question qui se pose est de savoir si le Tchad pourra respecter les accords, vu les précédents connus. En effet, dans un rapport antérieur du FMI, l’institution a accusé le gouvernement tchadien ne pas souvent prendre les bonnes décisions. Elle parle d’abus dans les procédures de dépenses exceptionnelles et hors budget, des marchés confiés gré à gré de manière abusive, une gestion calamiteuse de la Trésorerie, un manque de transparence budgétaire, des lacunes profondes dans les normes budgétaires, le non respect du cadre budgétaire légal, etc.

Des maux qui montrent un parfait non-respect des recommandations des bailleurs de fonds ou du FMI. Plus tôt en 2009, le FMI avait accordé au Tchad des crédits au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté d’un montant de 25 millions DTS. Mais à cause du non-respect des recommandations, le Tchad n’a pas pu avoir accès à 21 millions DTS, jusqu’à l’expiration de l’accord le 23 juin 2009.

Emmanuel Atcha
La Tribune Afrique

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