vendredi 15 novembre 2019
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Fraude: le procès de trois dirigeants de Barclays démarre à Londres

Fraude: le procès de trois dirigeants de Barclays démarre à Londres

Trois anciens dirigeants de Barclays comparaissent devant le tribunal de Londres ce lundi 7 octobre pour fraude. La Banque britannique d’investissement aurait levé, sans le divulguer, des milliards de livres sterling au Qatar en 2008.

L’affaire remonte à 2008. Roger Jenkins, Tom Kalaris et Richard Boath sont alors respectivement président de la banque d’investissement au Moyen-Orient, dirigeant de la division de la gestion de fortune et responsable de la branche européenne de la finance d’entreprise. Au plus fort de la crise financière, les trois hommes auraient, selon l’accusation, fait appel au Qatar pour renflouer la banque Barclays à hauteur de plus de 13 milliards d’euros. Ils auraient ainsi voulu éviter une nationalisation de la banque, qui aurait mis fin à son indépendance et les aurait privés de leur bonus.

Cupidité pointée du doigt

« Je me suis réveillé à 2h du matin en paniquant à l’idée d’être bientôt nationalisé » car le gouvernement britannique « ne regardera pas avec bienveillance une rémunération dépassant le million de dollars », aurait alors dit Roger Jenkins. Il avait en effet gagné 39,5 millions de livres (plus de 44 millions d’euros) en 2007. Celui-ci aurait également perçu une prime de 25 millions de livres de Barclays pour être intervenu plusieurs fois auprès des Qatariens.

Le Serious Fraud Office (SFO), le gendarme britannique contre la délinquance financière, reproche aux ex-dirigeants de Barclays de ne pas avoir correctement informé les marchés et les investisseurs sur des commissions de plusieurs centaines de millions d’euros versées en 2008 par la banque aux investisseurs qatariens, en contrepartie de deux levées de fonds, réalisées en juin et octobre 2008 auprès de Qatar Holding LLC, un fonds souverain qatarien, et de Challenger Universal Ltd.

Fraude et fausse déclaration en vue de fraude

Pour justifier ces commissions, Roger Jenkins, Tom Kalaris et Richard Boath auraient signé des accords sur de prétendus services de conseil avec, entre autres, Hamad ben Jassem Al Thani, alors Premier ministre du Qatar. Le Serious Fraud Office dénonce « une mascarade » visant à verser par des « mécanismes malhonnêtes » les commissions supplémentaires exigées par les Qatariens. Des accusations que les anciens dirigeants nient en bloc.

Le procès fleuve qui démarre ce lundi à la Cour centrale de la Couronne britannique pourrait durer des mois. Les accusés risquent dix ans de prison, sachant que John Varley, l’ancien directeur général de Barclays, coaccusé lors d’un précédent procès, a été acquitté en juin dernier. De plus, la procédure pénale engagée par le SFO contre la banque elle-même a été classée par un tribunal l’année dernière. Ce procès représente toutefois un enjeu important pour le gendarme britannique contre la délinquance financière, très critiqué pour ne pas avoir poursuivi les sociétés et les particuliers impliqués dans la crise financière.

Ariane Gaffuri
rfi

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