dimanche 25 août 2019
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Free pourrait couper l’accès à BFM TV dès ce vendredi

Free pourrait couper l’accès à BFM TV dès ce vendredi

L’opérateur de Xavier Niel serait prêt à couper les chaînes du groupe Altice (BFM et RMC Story et Découverte), à ses 6,5 millions d’abonnés. Les deux opérateurs télécoms sont en conflit depuis le printemps sur la rémunération des chaînes et de leurs services associés.

Cette fois, le torchon brûle pour de vrai entre Free et Altice. L’opérateur de Xavier Niel pourrait ne plus diffuser, dès vendredi soir, BFM TV, RMC Découverte et RMC Story, trois chaînes de la TNT appartenant à la maison-mère de SFR. Une information du « Figaro » que n’a pas démentie Alain Weill, PDG d’Altice Europe, ce mercredi. Contacté, Free n’exclut pas cette possibilité, mais pour l’opérateur de Xavier Niel, c’est toujours la date butoir du 27 août qui fait foi. En clair, il laisse la porte ouverte à des concessions par Altice.

Dans le bras de fer qui oppose les deux groupes depuis des mois, un tel « black-out » serait un tournant majeur. Ces trois chaînes d’Altice qui représentent, au global, plus de 6 % de part d’audience nationale, disparaîtraient alors des box de quelque 6,5 millions d’abonnés Free.

Ce matin, Altice, après avoir été prévenu par Free de sa décision, a pris les devants pour prévenir les téléspectateurs. Ses trois chaînes « resteront disponibles via les box des opérateurs autorisés, la TNT, Internet et le satellite » relativise le groupe de Patrick Drahi dans un communiqué. « Chaque matin, cinq millions de Français regardent la matinale de BFM TV et l’interview de Jean-Jacques Bourdin. Le matin, BFM TV est la deuxième chaîne de France pour l’actu en continu, ajoute Alain Weill. Free n’est pas conscient du poids qu’on pèse dans les habitudes de leurs abonnés ».

Point de non-retour

Les deux opérateurs sont en conflit depuis le printemps. Le contrat de distribution entre Altice et Free arrivant alors à expiration, Altice avait tenté d’en renégocier les termes, pour obtenir une meilleure rémunération, entre 4 millions et 6 millions d’euros. La maison-mère de SFR mettait en avant les nombreux services (replay, etc.) et les coûts techniques associés qui justifiaient, selon elle, un paiement plus important. Pour Altice, impossible en effet de résister à Netflix, à la baisse des audiences et des revenus publicitaires, sans des chaînes toujours plus délinéarisées (accessibles à la demande sur Internet) et mieux rémunérées par les opérateurs télécoms, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis.

Mais en face, Free estimait avoir le droit de refuser de payer pour pouvoir reprendre sur ses box des chaînes TNT, gratuites pour le téléspectateur. D’autant que selon lui, le replay a moins d’intérêt pour des chaînes d’info en continu comme BFM TV. Le conflit avait atteint un point de non-retour en avril, lorsque, faute d’accord, Altice avait coupé le signal, avant que Free ne le rétablisse à son tour. Tout au long du bras de fer, Altice a vécu le conflit comme une discrimination à son égard, vu que les groupes TF1 et M6 ont, eux, bel et bien réussi à nouer des accords avec tous leurs distributeurs dont Free.

Avis du CSA

Cette fois-ci, Free n’avait pas vraiment le choix. L’opérateur de Xavier Niel devait quoi qu’il arrive interrompre la diffusion des trois chaînes d’Altice le 27 août, sous peine de devoir payer une amende de 100.000 euros par jour et par chaîne au-delà, selon une décision fin juillet du Tribunal de grande instance de Paris. Free se conforme aussi à une décision du CSA, saisi par Altice et qui a rendu il y a deux semaines un avis coupant la poire en deux.

Dans son avis du 1er août, le gendarme de l’audiovisuel a en effet estimé que Free pouvait « librement refuser de reprendre les chaînes BFM TV, RMC Découverte et RMC Story et leurs services associés ». Mais en même temps, le CSA a donné un point à Altice, en estimant que le propriétaire d’une chaîne, même diffusée gratuitement via la TNT, pouvait malgré tout se faire rémunérer pour être reprise par un diffuseur tel que Free.

Raphaël Balenieri
lesechos

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