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Fuite des cerveaux : l’accepter pour mieux y remédier ?

Fuite des cerveaux : l’accepter pour mieux y remédier ?

Face à “l’inéluctabilité” de la fuite des cerveaux, le Conseil d’analyse économique préconise d’agir pour encourager les Français à revenir en France au bout de quelques années. L’institution veut aussi attirer plus de talents étrangers.

La France “parvient moins bien que d’autres pays à retenir ses étudiants étrangers” après leur diplôme. Tel est le constat accablant du Conseil d’analyse économique (CAE), qui réalise des analyses économiques pour le gouvernement. Il souligne dans un rapport publié mardi 17 mai que le taux d’émigration en France (autour de 2% pour les plus de 25 ans) est en progression, mais reste inférieur à ceux des Pays-Bas, du Royaume-Uni ou de l’Allemagne. Le taux d’émigration dans l’Hexagone a toutefois doublé en 30 ans, alors qu’il a diminué sur cette période aux Pays-Bas.

Comment remédier à cette fuite des cerveaux ? D’une part, le CAE n’espère pas retenir les jeunes, “la mobilité des personnes qualifiées étant un phénomène inéluctable”. Décourager la mobilité des Français serait “contre-productif”. Il estime que l’expérience acquise à l’étranger est “très bénéfique” pour la France, comptant sur un retour au pays des expatriés au bout de quelques années.

D’autre part, l’institution veut encourager l’arrivée de “hauts potentiels” étrangers.

Attirer les étudiants étrangers

Le Conseil d’analyse économique propose de laisser les universités fixer librement les droits d’inscription pour les étudiants non communautaires, en leur offrant en contrepartie “un accueil à la hauteur des frais exigés”.

Pour “réduire les freins à la mobilité”,et encourager les talents étrangers à venir France, l’institution veut améliorer “la portabilité des droits à la retraite en centralisant l’information individuelle sur une seule plate-forme, en négociant des accords multilatéraux incluant des pays hors Union européenne, en harmonisant la fiscalité sur les retraites supplémentaires et en étendant aux régimes complémentaires la possibilité de se faire rembourser les cotisations pour les mobilités de courte durée”.

Autre marotte du CAE: un choc de simplification. Il veut faciliter “la procédure d’obtention du titre de séjour en la couplant avec la demande de visa”. Par ailleurs, il propose la création d’”un guichet unique régional pour l’accueil des talents étrangers”.

Renforcer les liens avec les nationaux français et les encourager à revenir

Le CAE propose d’offrir des “options de cotisations ouvrant des droits en matière d’inscription et de tarifs dans les établissements d’éducation français”. En effet, dans l’idéal, l’institution voudrait voir les Français “se former en France, partir à l’étranger pour démarrer une carrière de haut niveau, puis rentrer en France à l’âge où il faut payer les études pour ses enfants ou se soigner”.

Autre idée: repenser le lien des expatriés avec leur pays d’origine. Le CAE propose d’effectuer un suivi statistique régulier des Français de l’étranger, avec par exemple des enquêtes périodiques en ligne.

latribune.fr

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