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Galaxy Note 7 : des experts pensent avoir trouvé les causes de l’explosion

Galaxy Note 7 : des experts pensent avoir trouvé les causes de l’explosion

Selon des ingénieurs indépendants, les explosions du smartphone de Samsung ne sont pas dues à la batterie en elle-même mais au design de l’appareil.

Samsung n’a pas encore dévoilé les conclusions de son enquête interne sur les défaillances de son Galaxy Note 7 (même si cela ne saurait tarder ) mais des ingénieurs indépendants pensent avoir trouvé la raison des explosions.

Selon leurs résultats, mis en ligne sur leur site Instrumental.ai , les incendies de batterie ne seraient pas dus à une défaillance des batterie lithium-ion – la première raison avancée par le groupe sud-coréen – mais à un « design agressif ».

En clair, Samsung aurait cherché à produire un smartphone le plus fin possible, au risque de compresser la batterie, qui était, elle, trop volumineuse, explique Instrumental.ai, qui se présente comme une société « aidant les entreprises de hardware à résoudre les problèmes liés à la conception » de leurs produits.

 

Pour lui permettre de « respirer », les ingénieurs de Samsung auraient dû prévoir un plafond de 0,5 mm au-dessus de la batterie, et non pas seulement 0,1 ou 0,3 mm de marge. - instrumental.ai

Pour lui permettre de « respirer », les ingénieurs de Samsung auraient dû prévoir un plafond de 0,5 mm au-dessus de la batterie, et non pas seulement 0,1 ou 0,3 mm de marge. – instrumental.ai

Une batterie a besoin d’espace libre pour « respirer »

La batterie du Note 7 est composée « d’une couche positive en dioxyde de cobalt et de lithium » et « d’une couche négative en graphite » séparées par « deux couches d’électrolyte polymère ». Si ces deux couches positives et négatives se touchent malgré la séparation, l’énergie circulant dans la batterie « coule directement dans le polymère et le chauffe ». Ce qui peut provoquer une explosion.

La batterie au lithium du Note 7 est composée d'une couche positive et d'une couche négative séparées par une couche de polymère qui ne doivent pas entrer directement en contact. - Wikipédia

La batterie au lithium du Note 7 est composée d’une couche positive et d’une couche négative séparées par une couche de polymère qui ne doivent pas entrer directement en contact. – Wikipédi

Comment ces couches ont-elles fini par entrer en contact dans le smartphone de Samsung ? En raison de deux facteurs. D’abord parce que les couches de séparation en polymère choisies par Samsung sont particulièrement fines, ensuite parce que les ingénieurs n’ont pas prévu suffisamment d’espace libre autour de la batterie afin qu’elle ait la place de respirer.

En effet, au fur et à mesure que les électrodes d’ions lithium se déplacent du pôle positif de la batterie vers le pôle négatif – c’est-à-dire lorsque la batterie est en charge -, la batterie gonfle. « Tout ingénieur de batterie vous le dira : il est nécessaire de laisser un certain pourcentage de plafond autour de la batterie, 10% est une règle approximative », écrivent les deux auteurs.


Un risque délibérément pris par Samsung, selon les ingénieurs

Pour leur test, les ingénieurs ont désossé un Galaxy Note 7 et se sont rendus compte de l’absence de cet espace libre de 0,5 mm dans le compartiment de la batterie. C’est pourquoi l’appareil est sensible à la surchauffe et à la moindre pression sur la coque, toujours d’après ces experts.

Pour Instrumental.ai, les ingénieurs de Samsung ne pouvaient ignorer une telle règle de base et auraient délibérément pris ce risque d’une « fabrication super-agressive » afin de proposer un téléphone plus fin et doté d’une autonomie plus grande que ses concurrents.

« Une batterie plus petite utilisant des paramètres de fabrication standard aurait résolu le problème d’explosion et le problème de gonflement », soulignent-ils. Mais Samsung n’a pu se résoudre à cette solution car « elle aurait réduit la durée de vie de la batterie, plaçant le Note 7 en-dessous du niveau de son prédécesseur, le Note 5, ainsi que celui de son plus grand concurrent, l’iPhone 7 Plus ».

Si le risque réel d’explosion a échappé à Samsung lors des tests de sécurité, c’est que « le test de la batterie prend beaucoup de temps, parfois un an », rappelle le site. Il est possible que les versions les plus récentes des batteries choisies pour le Note 7 n’aient pas été testées avec la même rigueur que les premières, avancent les chercheurs.

Il reste maintenant un peu moins d’un mois à Samsung pour officialiser lui-même les raisons de ce désastre, qui l’a obligé à suspendre la production de son nouveau smartphone et à en rappeler 2,5 millions d’exemplaires .

Leila Marchand
lesechos

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