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Galaxy Note 7, iPhone 6 pliable… Quand les smartphones vont droit dans le mur

Galaxy Note 7, iPhone 6 pliable… Quand les smartphones vont droit dans le mur
Un consommateur chinois affirme que son Samsung Galaxy 7 a pris feu, endommageant son ordinateur. - Hui/CNN Money

Ces dernières années, la fiabilité de plusieurs joujous high-tech a souvent fait défaut ; « 20 Minutes » a cherché à savoir pourquoi…

C’est un véritable fiasco pour Samsung. La marque sud-coréenne a annoncé ce mardi qu’ elle cessait la production de son dernier smartphone, le Galaxy Note 7. L’appareil, retiré de la vente par la même occasion, a défrayé la chronique dès sa sortie, en août, en raison de ses batteries potentiellement explosives. Il y a deux ans, c’est Apple qui était la cible de critiques d’utilisateurs déplorant que l’iPhone 6 se tordait dans les poches. En 2010, les possesseurs d’iPhone 4 dénonçaient quant à eux des problèmes d’antenne. Plus proche de nous, l’enthousiasme pour les hoverboards, ces planches à roulettes électriques sorties de Retour vers le futur a été douché quand les autorités américaines ont rappelé plus de 500.000 exemplaires commercialisés car ils risquaient de prendre feu.

Comment se fait-il que ces accessoires high-tech, qui font rêver les geeks (et moins geeks) du monde entier, présentent de tels talons d’Achille capables de les faire tituber, voire, dans le cas du dernier Samsung, de les condamner à se prendre une sévère gamelle ? Principale explication : les marques pèchent par excès de rapidité, de peur de se faire doubler par la concurrence. « Il n’y a aucune industrie autre que la high-tech qui est autant dans cette optique de course à la nouveauté, note Adrian Branco, journaliste à 01.net. Une marque sort à peine un smartphone que le suivant est déjà en phase de design. » Or, dans le même temps, « les innovations sont de moins en moins frappantes, comme le souligne Romain Thuret, chef de rubrique mobilité du site lesnumeriques.com. On peut penser que Samsung a simplement lancé son dernier modèle en août pour prendre de vitesse la sortie de l’iPhone 7 ».

Les batteries au lithium pointées du doigt

Selon ces experts, l’un des nerfs de la guerre, du moins l’un des points qui feraient la différence auprès des acheteurs, dans le domaine des smartphones, c’est l’autonomie des appareils. « Les constructeurs proposent de recharger les batteries de plus en plus vite. Samsung a voulu frapper fort, mais sa batterie au lithium, qui permet de gagner de prétendues précieuses minutes de charge, est instable », poursuit Romain Thuret. Ces batteries au lithium étaient déjà pointées du doigt dans l’affaire des hoverboards : selon la CFPC, l’agence américaine de protection des consommateurs, elles pouvaient « surchauffer et produire de la fumée, prendre feu ou exploser. » Adrian Branco relève que « la question de la “dissipation thermique” est cruciale. Autrement dit : Quelle quantité de chaleur l’appareil va pouvoir produire sans être endommagé ? » Car, comme l’explique le journaliste hight-tech de 01.net, les innovations passent par « une multiplication de capteurs et de processeurs. Il y a donc des batteries partout. Ces batteries chauffent et, quand elles chauffent trop, elles pètent. »

Les technologies de « quick charge » (de recharge rapide) proposées n’arrangent pas les choses. « Cela endommage les batteries, prévient Adrian Branco. Tout comme la recharge par contact génère un important champ électromagnétique et fait chauffer l’appareil. C’est simplement de la physique. »

Une évidence que Samsung semble avoir complètement négligée. « Vouloir à tout prix qu’un smartphone se recharge en une heure n’était pas la bonne solution. Passer de 1 heure 30 de charge à 1 heure 18, ça ne valait pas la peine d’en arriver là où en est la marque aujourd’hui. Samsung a voulu jouer aux apprentis sorciers, passer une étape trop vite, ça leur a sauté à la figure », résume Romain Thuret.
« C’est l’une des plus mauvaises pubs qu’on puisse imaginer »

Le fait que ces problèmes concernent un objet aussi populaire que les smartphones a indéniablement un effet loupe. Des problèmes de batteries sont survenus dans d’autres domaines, comme l’aéronautique, mais sans que la polémique ne prenne de réelle ampleur. Or, cette affaire des batteries explosives a et aura des répercussions considérables tant financières qu’en termes d’images pour le géant de Corée du Sud.

« C’est l’une des plus mauvaises pubs qu’on puisse imaginer, avance le journaliste de 01.net. Rien à voir avec l’iPhone 6 qui se pliait lorsqu’on s’asseyait alors qu’on l’avait glissé dans la poche arrière du pantalon. » Là, on pouvait reprocher au propriétaire du téléphone de ne pas en avoir pris soin. En revanche, plusieurs Galaxy Note 7 ont explosé, mettant en danger la sécurité des utilisateurs. Les conséquences ne sont pas comparables. « Cette histoire va ouvrir un boulevard aux adversaires des Coréens sur le marché, dont Apple et Google. Cela va sans doute calmer la course concurrentielle, dans le sens où ils ne vont plus tenter de cravacher pour battre Samsung. Quant à Samsung, il y aura forcément des têtes qui vont tomber mais le constructeur apprendra de ses erreurs pour concevoir son futur nouveau modèle, car il sait qu’il sera scruté de très près et que le moindre défaut prendra des proportions dingues. »

Pour Adrian Branco, il faudrait aussi que les consommateurs fassent leur autocritique car, cette course à l’innovation à tous crins, « ils l’imposent aussi aux constructeurs par leur comportement. Ils devraient faire attention à ce qu’ils achètent. » S’enflammer pour un smartphone, oui, tant que cela reste au sens figuré.

20minutes.fr

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